|
|
LE DÉBAT
Les débats éthiques sur l'aide ne sont
pas nouveaux. Ils constituent même le fondement du mouvement
humanitaire. Mais dans le contexte de conflits armés, le
rapport à la violence des opérateurs continue de soulever
bien des questions. L'une
d'elle, qui ouvre le débat proposé par l'Observatoire,
peut se formuler ainsi : en dépit de la diversité
des cultures humanitaires, des commandements éthiques sont-ils
possibles et applicables universellement pour mettre en uvre
des programmes d'aide ?
Cinq propositions font l'objet de la discussion :
1) Une ONG " confessionnelle "
qui ne fait que du prosélytisme ne réalise
pas un travail humanitaire quand le " secours des âmes
" témoigne d'un chantage à la conversion, se
révèle discriminant et ne s'accompagne pas aussi
d'une aide matérielle.
2) Une ONG qui affiche un parti pris idéologique
en faveur de l'un des camps en lice sort du champ humanitaire,
quand bien même elle prodiguerait effectivement des soins
dans l'aire d'intervention qu'elle a choisie en fonction de ses
sympathies politiques.
3) Est également condamnable une ONG qui, outre son travail
caritatif, prône un soutien à la lutte, cautionne
des trafics d'armes ou ferme les yeux sur des activités
de type militaire au sein de sa chaîne logistique
; en matière d'autodéfense, le principe de proportionnalité
limite le droit de riposte, en particulier lorsqu'il s'agit d'encadrer
la distribution de l'aide par des compagnies militaires privées
ou les casques bleus d'une opération d'imposition de
la paix.
4) Est tout aussi blâmable une ONG qui ne sanctionne pas
les dérapages individuels - criminels ou politiques
- de ses employés.
5) Enfin, tend à s'exclure du champ humanitaire une ONG
qui accepte des financements provenant des belligérants
(mouvements de lutte armée, groupes sectaires ou terroristes,
armées gouvernementales ne respectant pas les conventions
de Genève sur la protection des populations civiles) ou
d'entreprises participant directement à la dynamique d'un
conflit du fait qu'elles y vendent des armes ou qu'elles y exploitent
des matières premières à forte valeur ajoutée
(pétrole, diamants, pierres précieuses, minerais
rares).

|