liste des ONG étudiées en France

RSFReporters sans frontières
Pays de siègeFRANCE
Adresse du siège social47, rue Vivienne
75002 Paris
Téléphone33 (0)1 44 83 84 84
Fax33 (0)1 45 23 11 51
Courrielrsf@rsf.org
"Succursales" à l'étrangerSections nationales : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Grande-Bretagne, Italie, Suède et Suisse
Site Internethttp://www.rsf.org/
Date de création1985
Niveau d'activitéAgence opérationnelle
Affichage confessionnelAucun
PérennitéPermanence
Proportions de financements privésRSF - FRANCE-INTERNATIONAL
78% d'un budget de € 4.1 millions en 2009
83% d'un budget de € 5.1 millions en 2008
71% d'un budget de € 4.6 millions en 2007
85% d'un budget de € 3.9 millions en 2006
65% d'un budget de € 3.5 millions en 2005
78% d'un budget de € 3.2 millions en 2004
63% d'un budget de € 3.1 millions en 2003
62% d'un budget de € 3.2 millions en 2002
61% d'un budget de € 2.3 millions en 2001
Pays d'interventionPlusieurs
Transparence3


- Historique -

-Juin 1985, France : RSF est créée à Montpellier par quatre journalistes, Rémy Loury, Jacques Molénat, Émilien Jubineau et Robert Ménard. À l’époque journaliste à Radio France dans le département de l’Hérault, ce dernier s’inspire des critiques de Rony Brauman, président de MSF, sur le sensationnalisme de la couverture médiatique des famines, guerres et catastrophes naturelles. RSF cherche à parler de l’actualité des déshérités et à sensibiliser l’opinion aux problèmes du tiers-monde, au-delà des situations d’urgence.

-1987-1989, France : RSF organise un colloque qui mène à la création le 15 octobre 1987 d’un Observatoire pour la liberté de l’information dans le monde. Celui-ci siège à Montpellier et a pour vocation d’analyser pays par pays l’état de la censure et les difficultés rencontrées par les journalistes. Dans un premier temps, RSF et l’Observatoire coexistent, l’une finançant des reportages, l’autre défendant les journalistes. Les deux entités fusionnent ensuite le 23 juin 1989. La vocation de RSF sera désormais de défendre la liberté d’expression dans le monde. Elle remplace la mission originale qui avait présidé à la création de l’association et guidé ses premières actions, c’est-à-dire le « journalisme alternatif » sur des sujets négligés par la presse traditionnelle. Jean-Claude Guillebaud est alors président du conseil d’administration, Rony Brauman vice-président et Robert Ménard directeur de RSF.

-1988-1989, France : après avoir organisé un séminaire international au château de Castrie les 12 et 13 octobre 1988, RSF publie l’année suivante un répertoire, L’information dans le monde, qui dresse pays par pays la liste des principaux médias, leur degré d’indépendance par rapport au pouvoir politique et la marge de manœuvre des journalistes dans l’exercice de leur profession. À l’occasion du bicentenaire de la Révolution française, l’association collabore également à L’Atlas mondial des libertés de MSF. Au rang des publications figure enfin une Lettre d’information mensuelle qui est diffusée auprès des journalistes pour la première fois en 1989 et qui, deux ans plus tard, deviendra une revue d’actualité sur la presse. De fait, les médias sont de plus en plus associés aux travaux de l’association. Le 25 octobre 1989, RSF lance ainsi une grande opération de parrainage des journalistes emprisonnés, sur le modèle de l’adoption d’un prisonnier d’opinion par Amnesty International. Les médias français sont en l’occurrence censés s’efforcer d’obtenir la libération d’un « filleul » en tenant leur public informé de l’évolution de sa situation.

-A partir de 1989, Espagne : sur le modèle d’Amnesty International, RSF inaugure sa première antenne à l’étranger le 3 août 1989. D’autres sections seront ensuite ouvertes, notamment en Suisse, en Belgique, en Allemagne et en Italie. L’autonomie des sections étrangères est cependant très relative car elles sont surtout là pour diffuser l’information transmise par le siège.

-1990, France : RSF prend deux orientations distinctes dans le contexte des controverses qui agitent les médias à propos de leur couverture de la guerre du Golfe et du vrai-faux charnier de Timisoara en Roumanie. D’une part, Robert Ménard met l’accent sur la défense des journalistes. De l’autre, Rony Brauman et Jean-Claude Guillebaud veulent inciter la profession à s’interroger sur la manière dont elle utilise la liberté de la presse. Leur réflexion porte notamment sur la France, où un colloque sur la déontologie des journalistes est organisé avec le Nouvel Observateur et le Secrétariat d’État à l’Action humanitaire à Paris en avril 1990.

-1991-1992, France : RSF organise sa première journée mondiale de la liberté de la presse, à l’occasion de laquelle est publié un rapport annuel. L’association bénéficie d’une reconnaissance internationale croissante, qui se manifeste notamment par des subventions et un prix des droits de l’homme décerné par l’Union européenne. Avec la Fondation de France en 1992, RSF crée alors un prix Reporters Sans Frontières qui sera ensuite attribué chaque année à un journaliste s’étant illustré dans la défense de la liberté de la presse dans son pays.

-1993-1995, France : Jean-Claude Guillebaud démissionne de la présidence de l’association le 9 février 1993. Il reproche à Robert Ménard de vouloir transformer RSF en organisation de défense des journalistes. Jean-Claude Guillebaud aurait préféré mettre davantage l’accent sur l’éthique de la profession, en particulier au sein de la presse occidentale. Le 24 janvier 1995, Rony Brauman quitte à son tour RSF, dont il conteste la gestion personnalisée et l’orientation médiatique. Avec lui, le tiers du conseil d’administration quitte l’association. Pour Rony Brauman comme pour Jean-Claude Guillebaud, la vocation de RSF était de servir d’instrument de réflexion sur et au service des médias.

-1994, Rwanda : un différend éclate avec la section suisse de RSF à propos d’une radio créée à Kigali à l’initiative du HCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés) afin de diffuser des informations dans le domaine de la santé et de contrer les appels à la haine ethnique de la Radio des Milles collines, qui soutient le génocide. RSF-Suisse souhaite poursuivre l’expérience en lançant un média alternatif alors que Robert Ménard refuse de se donner comme nouvelle mission de produire de l’information. Une partie de la section suisse démissionne et fonde une nouvelle organisation, la Fondation Hirondelle, qui suivra de près les travaux du Tribunal Pénal International pour le Rwanda, sise à Arusha en Tanzanie.

-A partir de 2000, Tunisie : pour la journée de la liberté de la presse à Paris le 3 mai 2000, RSF invite Taoufik Ben Brik, un journaliste tunisien qui a entamé une grève de la faim après dix ans de brimades de la part des services de police du président Zine El-Abidine Ben Ali. Présenté comme un symbole du combat à mener contre les régimes autoritaires, celui-ci multiplie les provocations et perd de sa crédibilité en accusant le gouvernement français de soutenir la dictature au pouvoir à Tunis. Résultat, Robert Ménard prend ses distances avec lui, estimant que “ son attitude dessert désormais la cause de la liberté de la presse ”. Par la suite, cependant, le nouveau secrétaire général de Reporters sans frontières, Jean-François Julliard, entreprend à nouveau de défendre Taoufik Ben Brik après la publication d’articles qui critiquent le régime du président Zine El-Abidine Ben Ali et qui valent au journaliste d’être emprisonné d’octobre 2009 à avril 2010.

-2002-2003, France : RSF, qui commence à publier un classement mondial et annuel de la liberté de la presse, se dote d’un organe juridique, le Réseau Damoclès, qui est chargé de soutenir les journalistes poursuivis en justice. Dans le même ordre d’idées, l’association inaugure à Paris en 2003 une Maison destinée à accueillir les reporters contraints de fuir leur pays.

-2002, Venezuela : RSF intervient pour soutenir la presse d’opposition lors d’une tentative de putsch contre le président Hugo Chavez en avril 2002. L’association est alors accusée par des groupes de gauche de servir les intérêts de l’impérialisme américain. On lui reproche notamment de travailler avec une conseillère de l’opposition, María Sol Pérez-Schael, qui est la correspondante de RSF à Caracas.

-2003, Cuba : alors que l’attention des médias occidentaux est concentrée sur le conflit en Irak, RSF dénonce par voie publicitaire la vague d’arrestation contre des opposants au régime de Fidel Castro en avril 2003. Sur place, le correspondant local de l’association, Ricardo Gonzalez Alfonso, est lui-même arrêté et condamné à 18 ans de prison. Après avoir occupé l’office du tourisme cubain à Paris et exigé la libération des journalistes emprisonnés, RSF dirige la protestation contre l’ambassade de Cuba, où le personnel diplomatique s’en prend violemment aux manifestants. A l’instar de l’affaire de la tentative de coup d’Etat au Venezuela en avril 2002, Robert Ménard sera vivement critiqué par des groupes de gauche pour son « entêtement » contre le régime castriste. On lui reprochera par exemple de prendre la défense de journalistes cubains qui ne sont pas professionnels et dont la détention relève simplement du droit pénal et non de la liberté d’expression.

-2004-2006, Haïti : après le Venezuela et Cuba, RSF fait de nouveau l’objet d’une controverse à propos de ses positions hostiles au régime de Jean-Bertrand Aristide. On lui reproche en effet d’imputer trop facilement à la mouvance présidentielle les assassinats de journalistes de l’opposition. En contribuant à discréditer le régime, l’association est alors accusée de faciliter en février 2004 le renversement de Jean-Bertrand Aristide par les Etats-Unis et la France, qui tous deux financent RSF. L’année suivante, les détracteurs de Robert Ménard observent que l’organisation reste en revanche silencieuse sur l’assassinat par la police du journaliste radio Abdias Jean, qui est aussitôt condamné par Amnesty International mais pas par Reporters sans frontières.

-2005, Irak : RSF se mobilise beaucoup pour obtenir la libération, en juin 2005, de la journaliste française Florence Aubenas et de son traducteur irakien Hussein Hanoun, enlevés à Bagdad cinq mois auparavant par des hommes armés. La campagne de l’organisation suscite cependant des inquiétudes car son battage médiatique renchérit la valeur des otages et risque de compliquer les négociations avec les ravisseurs.

-A partir de 2007, Erythrée : RSF commence à se préoccuper davantage de la censure et de la répression qui sévit dans ce petit pays de la Corne de l’Afrique, indépendant depuis mai 1993. En juin 2009, l’organisation décide ainsi de salarier deux journalistes en exil afin de monter une Radio, Erena ("Notre Erythrée"), qui émet depuis Paris à destination des Erythréens de l'intérieur.

-Mars-avril 2008, Chine : RSF mène une campagne pour le boycottage de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin. En mars, Robert Ménard et deux militants de l’association se rendent d’abord à Olympie, en Grèce, pour perturber l’allumage de la flamme olympique. Ils déploient derrière le responsable chinois du comité d’organisation des Jeux Olympiques, Qi Liu, une banderole frappée de cinq anneaux en forme de menottes que l’agence Alice avait dessinées pour RSF en avril 2001, avant l’attribution des Jeux à la Chine. Le parcours de la flamme est ensuite balisé par le logo, imprimé sur des T-shirts noirs que portent certaines personnalités politiques et stars françaises. Le 7 avril, lors du passage de la flamme à Paris, Robert Ménard déroule une banderole noire et le drapeau tibétain sur la façade de la cathédrale Notre-Dame, qu’il avait escaladée la veille avec l’aide de deux guides de haute montagne.

-A partir de 2009, Iran : après la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009, RSF commence à accueillir les journalistes qui fuient la répression du régime. Sur une centaine de demandeurs d’asile, l’association en héberge une trentaine rien qu’en France.

-A partir de 2010, Haïti : RSF se préoccupe de faciliter la reconstruction des médias locaux, en ruines après le séisme qui a ravagé Port-au-Prince en janvier 2010.



- Commentaire -

1) Le mandat
-RSF se rattache au mouvement humanitaire de par sa genèse et ses fonctions. Historiquement, l’association s’est en effet construite dans un esprit « sans-frontiériste », aux côtés de Rony Brauman, en vue d’alerter la communauté internationale sur les crises oubliées. Aujourd’hui, RSF propose par ailleurs une aide matérielle et juridique aux journalistes réfugiés en France.

-Influencé par l’expérience d’Amnesty International, RSF a évolué dans la définition de ses missions. Dans un premier temps, la vocation originelle de produire un “ journalisme alternatif ” a disparu au profit de la défense des droits de l’homme et de la liberté de la presse. Depuis lors, RSF s’est rapprochée du fonctionnement d’une organisation corporatiste au service des journalistes, à défaut de jouer le rôle d’un véritable syndicat. Soucieuse de défendre la liberté de la presse dans les pays où elle est le plus menacée, l’association a en fait pris le risque de minimiser ses critiques sur les dérives déontologiques des médias : c’est d’ailleurs en partie sur ces questions que des différends sont apparus entre Robert Ménard, d’une part, et Rony Brauman et Jean-Claude Guillebaud, d’autre part.

-RSF se bat en l’occurrence pour la liberté d’expression des journalistes, quels que soient les propos tenus par ces derniers. Pour expliquer la philosophie de l’association, Robert Ménard cite Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me battrai pour que vous puissiez le dire librement ». Un pareil positionnement vaut à RSF de nombreuses critiques car il peut revenir à soutenir des journalistes qui écrivent des articles extrémistes, voire révisionnistes et négationnistes. Durant l’été 2007, Robert Ménard a par exemple donné la parole à l’écrivain Alain Soral, un « nègre » du chef du Front National, Jean-Marie Le Pen. Il a également défendu au Tribunal l’humoriste Dieudonné M'bala M'bala, qui était accusé d’avoir tenu des propos antisémites dans un de ses spectacles. En 2011, encore, il a sorti un pamphlet au titre provocateur, Vive Le Pen !, et il a participé aux journées de réflexion de Polémia, un club d’extrême droite dirigé par Jan-Yves Le Gallou, un ancien dirigeant du Mouvement national républicain. Dans son livre publié en 2001, Robert Ménard assure pourtant veiller à dénoncer « le non-respect de leurs devoirs par les journalistes », et pas seulement les « violations des droits de la presse par les gouvernements ».

-Depuis que Jean-François Julliard a remplacé Robert Ménard en septembre 2008, l’association développe par ailleurs une approche plus constructive en s’affranchissant du registre de la dénonciation pour promouvoir et défendre la presse tout à la fois. D’une certaine manière, RSF a ainsi renoué avec les expériences de ses débuts, lorsqu’il s’agissait de produire un journalisme alternatif. L’association a par exemple entrepris d’aider les médias haïtiens et pakistanais à se reconstruire après le tremblement de terre et les inondations de janvier et juillet 2010, respectivement. Autre inflexion notable, RSF ne s’occupe plus seulement des violations des droits de la presse dans les dictatures du tiers-monde et couvre aussi des pays développés comme la France. Un pareil élargissement géographique permet notamment à l’association de réagir aux critiques qui l’accusaient de trop se focaliser sur les régimes de gauche hostiles aux Etats-Unis.

2) Le fonctionnement interne
-La méthode de travail a évolué en même temps que le mandat. Au début, RSF récoltait d’abord des financements, puis décidait des sujets à traiter avant de trouver un support de publication et de chercher des journalistes pour réaliser l’enquête. Mais cette méthode assez aléatoire a suscité des critiques car elle posait RSF en « donneur de leçons ». Aujourd’hui, la méthode de travail a changé du tout au tout et consiste, selon Robert Ménard, à étudier scrupuleusement les dépêches d’agences, la presse, le courrier, et les nombreuses publications spécialisées sur les problèmes des droits de l’homme qui parviennent quotidiennement à l’association. Vient ensuite un travail de traduction, de recoupement des informations et de vérification auprès des correspondants locaux et des organisations humanitaires. Toutes ces données alimentent ensuite les colloques et les diverses publications de RSF.

-Parallèlement, l’association s’est professionnalisée. En 1989, elle a recruté son premier journaliste à temps plein pour diriger une Lettre d’information mensuelle à destination des médias. Forte d’un budget de 8 millions de francs, elle a ensuite réorganisé son équipe et déménagé son siège de Montpellier à Paris en 1994. Outre des volontaires objecteurs de conscience, RSF compte désormais plusieurs permanents pour assurer le secrétariat et la comptabilité. Les recherches sont menées par des enquêteurs qui pratiquent généralement plusieurs langues de la zone dont ils ont la charge. Sur place, des correspondants locaux rendent également compte de l’état de la liberté de la presse dans leur pays. Certains ont d’ailleurs été arrêté et détenus de façon arbitraires, à l’instar d’Ali Lmrabet au Maroc ou de Ricardo Gonzalez Alfonso à Cuba en 2003.

-L’approche centralisatrice de Robert Ménard a cependant été source de conflits, comme en témoignent les différentes ruptures au sein du conseil d’administration de l’association. Dans son livre, Robert Ménard assume cette position : “Je n’ai aucune difficulté à admettre que je suis autoritaire et que ma personnalité ne facilite pas l’exercice de la démocratie en milieu associatif”. A partir de 1994, le conseil d’administration de RSF a certes pu participer aux débats sur les grandes orientations de l’organisation, mais Robert Ménard a gardé un rôle prépondérant dans la prise des décisions et la mise en œuvre des programmes. Il a fallu attendre vingt-trois ans pour que le fondateur et secrétaire général de Reporters sans frontières cède la place à un autre collaborateur, Jean-François Julliard, en 2008. Depuis lors, l’association essaie de se développer et comptait un millier d’adhérents en 2010.

3) Le fonctionnement en réseau
-L’action de l’association a une dimension internationale grâce à ses sections nationales et bureaux présents dans 18 pays et à son réseau de correspondants qui couvre 130 pays au milieu des années 2000. Ce réseau permet de répondre aux nombreuses sollicitations de journalistes qui font de plus en plus appel à RSF pour connaître la situation de la presse dans un pays donné, proposer leurs services ou se documenter avant une publication ou un reportage. Il arrive même que des envoyés spéciaux appellent spontanément l’association pour la renseigner sur les évolutions en cours. Concrètement, le rôle des sections étrangères de RSF est cependant limité puisqu’elles ont pour mission de répercuter vers le siège toute atteinte à la liberté de la presse, et en sens inverse de diffuser les informations transmises depuis Paris.

-RSF collabore également avec des ONG qui poursuivent les mêmes objectifs, parmi lesquelles Amnesty International, Article 19, l’Index on Censorship et l’International Press Institute à Londres, ou le Committee to Protect Journalists, Freedom House et Human Rights Watch à New York. S’y ajoutent des organisations plus professionnelles comme la FIJ (Fédération Internationale des Journalistes) à Bruxelles, l’OIJ (Organisation Internationale des Journalistes) à Prague ou la FIEJ (Fédération Internationale des Éditeurs de Journaux) à Paris. Avec une cinquantaine d’autres associations, RSF est aussi membre de l’Ifex (International freedom of expression network), un réseau qui regroupe l’ensemble des défenseurs de la liberté de la presse. L’association privilégie ce type de coopération plutôt que de se substituer aux organisations locales en créant de nouvelles antennes.

4) La politique de communication
-RSF a participé à la consécration de la liberté de la presse comme un droit fondamental et a contribué à sensibiliser le public sur ce thème. L’essence même de sa mission est la dénonciation. L’association n’est donc pas confrontée au dilemme des ONG humanitaires qui doivent parfois garder le silence pour pouvoir poursuivre leurs opérations le terrain. Au contraire, ses militants n’hésitent pas à défiler dans la rue, perturber des conférences et mener des actions spectaculaires afin d’interpeller les médias et la population. En décembre 2003 à la station de ski de Courchevel, RSF a par exemple manifesté devant la résidence de vacances du roi du Maroc, Mohammed VI, afin de réclamer la libération de son correspondant local Ali Lmrabet, un journaliste satirique condamné à quatre ans de prison. Dans le même ordre d’idées, Robert Ménard a escaladé la cathédrale Notre-Dame pour perturber le passage de la flamme olympique à Paris en avril 2008. D’une manière générale, explique un responsable de l’association, Vincent Brossel, RSF essaie de concilier la rigueur de la recherche d’Amnesty International avec le mode d’action non-violent de Greenpeace.

-Grâce à ses relais dans les médias, l’organisation bénéficie d’une forte crédibilité auprès du public et des institutions nationales et internationales. À l’origine initiative de RSF, la journée internationale de la liberté de la presse est aujourd’hui parrainée par l’ONU.

-La stratégie de RSF, qui s’est doté d’un site Internet dès 1994, nécessite la médiatisation de “ drames individuels ” susceptibles de toucher l’opinion publique. Or la logique journalistique veut qu’une victime acquière une plus grande valeur si elle est française ou si son cas illustre une question d’actualité. La campagne en faveur de Brice Fleutiaux est emblématique à cet égard : photographe français, il fut enlevé par des combattants tchétchènes en 1999 et RSF se mobilisa jusqu’à sa libération. Cette opération fut un double succès puisqu’elle permit aussi d’alimenter le débat public sur les difficultés d’informer en zones de conflit. D’autres opérations ont en revanche dérapé, notamment avec le Tunisien Taoufik Ben Brik. Concernant Taslima Nasreen, une écrivain bengali, l’organisation a ainsi perdu le contrôle de sa campagne de dénonciation. Objet d’une fatwa prononcée par des intégristes musulmans au Bengladesh, Taslima Nasreen a été invitée en France par RSF en mars 1994. À l’occasion de sa venue, les médias ont déformé les faits et imputé la fatwa au gouvernement bengali sans trop se soucier des conséquences d’une telle accusation pour la jeune femme une fois de retour à Dacca. “Dans l’hystérie générale, explique Robert Ménard, les Français retiennent que Taslima Nasreen a fui une dictature terrifiante qui cherche à l’éliminer physiquement. L’écrivain devenu, en partie par notre faute, le symbole de la lutte pour la liberté d’expression, est intouchable et personne, au début, ne s’aventure à rectifier les faits.”

-Concernant ses propres activités, RSF n’est pas aussi transparent qu’on aurait pu l’imaginer de la part d’une organisation très médiatisée. Autant l’association communique beaucoup sur les violations de la liberté d’expression, autant elle est plus réservée pour ce qui est de son fonctionnement interne, notamment l’origine de ses financements. RSF a par exemple été critiqué parce que ses comptes de 2002 et 2003 ne mentionnaient pas les subventions du CFC (Center for a Free Cuba), une organisation anti-castriste qui a été accusée de détournements de fonds par la Cour des Comptes américaine (Government Accountability Office) début 2008. En 2006, relèvent Diana Barahona et Jeb Sprague, la représentante de Reporters sans frontièresà Washington, Lucie Morillon, a également commencé par nier… puis fini par concéder que l’association recevait des fonds de l’International Republican Institute, l’organe du parti républicain du président George Bush. A la même époque, Salim Lamrani émettait quant à lui des doutes sur la capacité de RSF à financer la moitié de son budget grâce à la vente de calendriers et d’albums photos. En 2010, enfin, la présentation des comptes d’emploi des ressources de l’organisation ne comprenait toujours pas de liste exhaustive des bailleurs de fonds institutionnels, ceci sans parler d’un pourcentage de fonds dédiés qui aurait permis de mieux apprécier la marge de manœuvre politique de Reporters sans frontières.

5) Les financements
-Les rapports d’activités diffusés en dehors des seuls bailleurs et membres de l’association ne détaillent pas l’ensemble des opérations menées par RSF. Depuis 2003, l’association publie en un seul budget les comptes consolidés de RSF-France et RSF-International, qui étaient auparavant présentés de façon distincte. Les données de l’Observatoire pour les années 2001 et 2002 ont donc été combinées en additionnant les chiffres des deux entités.

-Afin de garantir son indépendance, RSF dit privilégier l’autofinancement, en particulier grâce à la vente de produits dérivés, notamment des albums photos. L’association bénéficie également du mécénat d’entreprise ou de fondations privées. Cependant, elle reçoit aussi des fonds publics des collectivités locales (le Conseil général de l’Hérault, le Conseil régional du Languedoc-Roussillon), du gouvernement français et de l’Union européenne. Les subventions de cette dernière se sont d’ailleurs traduites par une forte augmentation du budget de RSF à partir de 1993.

-Les financements reçus d’organismes directement liés au gouvernement américain ont valu à RSF d’être accusée de relayer les intérêts des Etats-Unis à travers la coopération USAID (United States Agency for International Development) et les services secrets de la CIA (Central Intelligence Agency). L’association a reconnu avoir accepté des fonds de la NED (National Endowment for Democracy), une fondation créée par le président Ronald Reagan et « une des nombreuses organisations écrans dont la CIA se sert pour intervenir dans les affaires intérieures des pays » selon Maxime Vivas. Ce dernier critique également RSF pour les financements reçus du CFC (Center for a Free Cuba) de 2002 à 2008, « une des organisations subventionnées par la NED et par l’USAID pour renverser le gouvernement cubain ». Enfin, l’ONG française reçoit des fonds de l’Open Society Institute du milliardaire américain George Soros, accusé par Maxime Vivas de vouloir mettre en place des gouvernements pro-occidentaux partout à travers le monde.

-Une autre controverse est apparue en 2004 lors d’une vente aux enchères organisée par l’association. En effet, il s’est avéré que RSF avait reçu des fonds d’Omar Harfouch, un homme d’affaire libanais réputé proche du colonel Mouammar Kadhafi et d’un régime libyen pourtant peu enclin à défendre la liberté de la presse.

6) Les rapports avec les forces politiques
-Reconnue d'utilité publique en septembre 1995, RSF entretient de bonnes relations avec les pouvoirs publics en France. Dans toutes les affaires délicates, relate Robert Ménard, l’association établit systématiquement des contacts avec le Ministère des Affaires étrangères et les responsables des droits de l’homme ou de la presse à la Présidence de la République.

-Les actions de RSF contre Cuba et la Libye ont en revanche pu perturber les Nations Unies, qui ont parfois écarté l’ONG de ses sommets ou réunions de travail. Ainsi, l’association a été suspendue de l’ECOSOC (United Nations Economic and Social Council) le 20 mai 2003, puis de la CDH (Commission des Droits de l’Homme) le 24 juillet 2003, à chaque fois pour une période d’un an. RSF a également été déclarée persona non grata lors des Sommets mondiaux de la Société de l’Information (SMSI) organisés par l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) en décembre 2003 à Genève et novembre 2005 à Tunis. Selon Jean-Guy Allard et Maxime Vivas, l’association et son secrétaire général Robert Ménard auraient en fait servi les intérêts de Washington. Les campagnes publicitaires contre Cuba, en particulier, coïncideraient avec les opérations anticastristes du gouvernement américain et de la CIA. Dans le même ordre d’idées, Robert Ménard a été critiqué pour avoir frayé avec l’extrême droite cubaine à Miami en 2004 et soutenu la presse du multimillionnaire Gustavo Cisneros, qui avait approuvé le putsch manqué de Pedro Carmona contre Hugo Chavez en 2002 au Venezuela. Avec la guerre d’Irak, enfin, RSF aurait minimisé les bavures des troupes de Washington contre des journalistes ou des otages. Ainsi, Maxime Vivas accuse Robert Ménard de ne pas avoir suffisamment défendu Mohammed Al Jouni, l’accompagnateur syrien des journalistes Christian Chesnot et George Malbrunot en 2004, alors qu’il était détenu, interrogé et torturé par l’armée américaine sans que la presse ne le sache. D’après cet auteur, encore, RSF aurait accordé trop de crédit à la version des Etats-Unis pour expliquer pourquoi une journaliste italienne prise en otage, Giuliana Sgrena, avait été blessée et prise sous le feu de tirs américains au moment de sa libération. Enfin, l’association se serait empressée de disculper les soldats responsables de la mort de deux correspondants de guerre, Taras Protsyuk de Reuters et José Couso de Telecinco, lors d’une attaque contre l’hôtel Palestine à Bagdad en 2003 : en 2007, un juge de Madrid, Santiago Pedra, n’avait pas ces scrupules et émettait un mandat d’arrêt international contre trois des militaires américains que RSF avait "blanchis". Les accusations portées par Jean-Guy Allard et Maxime Vivas doivent toutefois être mises en perspective avec les sympathies politiques de ces deux auteurs. Ainsi, Jean-Guy Allard, québécois d’origine, travaille à la rédaction de l'édition internationale de Granma, le journal officiel de La Havane. D’après Vincent Brossel, responsable de l’Asie à RSF depuis 2000, l’association serait en réalité devenue une cible de choix des mouvements de gauche latino-américains quand les sympathisants castristes ont vu leur soutien populaire ébranlé par la vague d’arrestation de dissidents à Cuba en 2003. Concernant les tirs de l’armée américaine contre l’hôtel Palestine à Bagdad, il convient par ailleurs de noter que RSF a commandité à Jean-Paul Mari un rapport qui, en 2004, concluait à des meurtres et recommandait la reprise d’une enquête officielle. La famille de José Couso a cependant refusé que la section espagnole de RSF s’associe à sa plainte, et elle a récusé Jean-Paul Mari en arguant que celui-ci avait interviewé les militaires américains et non les autres journalistes espagnols présents dans l’hôtel, poussant l’indélicatesse jusqu’à remercier l’armée des Etats-Unis pour son « aide précieuse ».

7) Les rapports avec les forces économiques
-A l’occasion, Robert Ménard a pu se prononcer en faveur de sanctions économiques contre les régimes de Fidel Castro à Cuba ou de Jean-Bertrand Aristide à Haïti, notamment sous la forme d’une suspension de l’aide de l’Union européenne. A notre connaissance, RSF n’a cependant pas développé de doctrine en la matière.

8) La capacité d’analyse
-Aux éditions de La Découverte, RSF a publié de nombreux "livres noirs" qui analysent en détail les atteintes à la liberté de la presse dans les pays étudiés. Par ailleurs, l’association a beaucoup contribué à nourrir en France les débats sur le métier de journaliste et, surtout, d’envoyé spécial ou de correspondant à l’étranger. Elle a également constitué la base de données qui a permis d’ériger dans la ville de Bayeux un Mémorial en l’honneur des journalistes tués dans l’exercice de leur profession. Concernant ses propres recensements annuels, RSF n’a cependant pas fait preuve d’une grande cohérence sur le plan méthodologique et scientifique. Comparée aux rapports publiés en version papier de 1990 à 2002, d’abord, la série disponible uniquement sur le site web de l’association depuis 2002 s’avère moins précise car elle n’inclut plus le « baromètre » qui récapitule les noms de chaque journaliste tué par pays. Certes, la catégorie ciblée paraît assez claire. L’association ne recense que les assassinats délibérés, officiellement prouvés et objets d’une procédure judiciaire dont l’enquête est close. Ainsi, les journalistes victimes d’un accident de voiture ou d’avion ne sont pas comptabilisés parmi les journalistes tués à cause de leur profession. Mais la couverture géographique de la recension de RSF est beaucoup plus vague. Les pays faisant l’objet d’un commentaire dans le rapport annuel ne sont pas forcément les mêmes d’une année à l’autre : le choix est laissé à l’appréciation du responsable de la zone géographique considérée. Pour autant, les pays qui ne sont plus mentionnés continuent en fait d’être suivis par les correspondant locaux. Si les rapports annuels mentionnent parfois moins de pays, la couverture géographique des études de RSF n’a donc pas diminué. Au contraire, elle tend à s’élargir puisque l’association est présente dans un nombre croissant de pays. Autrement dit, il n’est pas possible d’affirmer scientifiquement que l’augmentation des assassinats de journalistes (87 en 2007 contre 55 en 1987) serait dû à un exercice de plus en plus dangereux de la profession. Le phénomène provient aussi de l’extension spatiale de l’appareil de captation statistique de RSF. De ce point de vue, il se pourrait fort bien que le nombre de journalistes tués ait en réalité diminué si l’on retenait les mêmes pays en 1987 qu’en 2007. Il convient à cet égard de relativiser les titres alarmistes de la presse qui, à partir des chiffres de RSF, tablent sur une dégradation de la situation et selon lesquels « les agressions de journalistes ont doublé en 2002 », « les agressions de journalistes à travers le monde se sont multipliées en 2003 » et « la liberté de la presse se détériore dans le monde et en Europe » (Le Monde du 2 mai 2003, 4 mai 2004 et 3 mai 2006).

-Les problèmes méthodologiques de RSF sont d’autant plus gênants que le « baromètre » de l’ONG fait partie d’un panier d’indicateurs que les économistes de la Banque mondiale utilisent pour apprécier le « risque pays », noter la « bonne gouvernance » des Etats en développement et décider du montant et de la nature des investissements des institutions financières internationales.

-A l’occasion, des collaborateurs de RSF ont aussi été critiqués du fait de leurs analyses « culturalistes » des problèmes du tiers-monde, par exemple lorsque l’association a soutenu l’auteur du livre "Noires fureurs, blancs menteurs", Pierre Péan, accusé d’incitation à la haine ethnique pour avoir écrit que les Tutsi du Rwanda étaient tous des menteurs. Cité par Le Monde du 12 septembre 2009, le secrétaire général adjoint de RSF, Hervé Deguine, avait ainsi affirmé : il « existe une spécificité historique et culturelle rwandaise qui explique pourquoi le génocide a eu lieu au Rwanda ». Dans un droit de réponse publié par Le Monde du 29 septembre 2009, Hervé Deguine nuançait cependant son propos en précisant qu’il voulait parler de particularités historiques, politiques, sociales, économiques et culturelles tout à la fois.

-D’une manière générale, les interrogations à propos de la capacité d’analyse de RSF sont du même ordre que celles portées à l’encontre d’autres organisations de défense des droits de l’homme comme Amnesty International. Par manque de discernement, du fait d’un biais idéologique ou par proximité avec ses bailleurs de fonds institutionnels, l’association est ainsi accusée de pratiquer deux poids et deux mesures en se focalisant sur certains pays plutôt que d’autres. A en croire Diana Barahona et Jeb Sprague, RSF aurait notamment minimisé les atteintes aux droits de l’homme des régimes alliés aux Etats-Unis, tels le Mexique ou la Colombie, et au contraire diabolisé les gouvernements que Washington cherchait à renverser à Cuba, au Venezuela ou à Haïti du temps de Jean-Bertrand Aristide. Selon Salim Lamrani, l’association s’est particulièrement acharnée contre le régime de Fidel Castro, un des seuls contre lesquels Robert Ménard a demandé des sanctions économiques. De fait, RSF a été extrêmement réactif pour dénoncer l’emprisonnement de journalistes cubains dont l’arrestation n’avait parfois aucun rapport avec leurs écrits. En revanche, note Salim Lamrani, l’association a attendu cinq ans, jusqu’en 2006, pour se préoccuper du sort d’un journaliste soudanais de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera, Sami Mohy El Din Muhammed Al Hajj, enfermé par les Américains à Guantanamo sous de fallacieux prétextes de collusion avec les terroristes d’al-Qaïda. Les détracteurs de RSF, qui appartiennent généralement à la gauche altermondialiste, arguent par ailleurs que leurs critiques ne sont pas déterminées par leurs propres convictions : à meilleure preuve, ils ne s’en prennent pas à Amnesty International, qui ne ménage pourtant pas le régime castriste. Dans le fond, le soupçon de partialité qui pèse sur Robert Ménard vient surtout de son association malheureuse avec le CFC (Center for a Free Cuba) de Franck Calzon, une organisation fondamentalement politique, dirigée depuis Washington et lancée en 1997 par un exilé soupçonné d’avoir évolué dans une mouvance anti-castriste qui s’est rendue responsable de plusieurs attentats dans les années 1970 avec le Frente de Liberaçion Nacional Cubano.


- Sources écrites -

-Rapport d’activités depuis 2001 ; Rapports de RSF sur la liberté de la presse dans le monde depuis 1991.
-Allard, Jean-Guy [2004], Le dossier Robert Ménard : pourquoi Reporters sans frontières (RSF) s'acharne sur Cuba, Outremont (Québec), Lanctôt, 118p.
-Barahona, Diana & Sprague, Jeb [1er août 2006], « International Republican Institute Grants Uncovered : Reporters Without Borders and Washington's Coups », Counterpunch p.1.
-Brossel, Vincent  [2004], Chine, le livre noir, Paris, La Découverte-RSF, coll. « Cahiers libres », 198p.
-Calvo Ospina, Hernando & Declercq, Katlijn [1998], Dissidents ou mercenaires ? Des Etats-Unis à l'Europe pour briser Cuba, Bruxelles, EPO, 239p.
-Cazes Séverine [2004], La guerre en Irak, le livre noir, Paris, La Découverte-RSF, coll. « Cahiers libres », 218p.
-Chemin, Arianne [9 avril 2008], « Robert Ménard. Le grain de sable des JO », Le Monde, p.19
-Donnadieu, Jean-Louis [1993] « La liberté de l'information dans le monde : reporters sans frontières veille », Communication et langages, n°95, pp.17-25.
-Duverger, Emmanuelle & Ménard, Robert [2003], La censure des bien-pensants, Paris, Albin Michel, 164p.
-Duverger, Emmanuelle & Ménard, Robert [2011], Vive Le Pen ! Paris, Mordicus, 30p.
-Lionet, Christian et Bourgeat, Régis [2004], Cuba, le livre noir, Paris, La Découverte-RSF, coll. « Cahiers libres », 221p.
-Louédec, Anna [2009], « Reporters sans Frontières et les Droits de l’homme au Tibet », Outre-Terre n° 21, pp.59-65.
-Ménard, Robert [2001], Ces journalistes que l’on veut faire taire, Paris, Albin Michel, 171p.
-Ménard, Robert [2003], Algérie, le livre noir, Paris, La Découverte-RSF, coll. « Cahiers libres », 250p.
-Perrault, Gilles [2002], Tunisie, le livre noir, Paris, La Découverte-RSF, coll. « Cahiers libres », 188p.
-Reporters sans frontières [2002], Israël-Palestine, le livre noir, Paris, La Découverte-RSF, coll. « Cahiers libres », 232p.
-Lamrani, Salim [2006], Cuba face à l'empire : propagande, guerre économique et terrorisme d'État, Genève, Éd. Timéli, 220p.
-Mari, Jean-Paul [2004], Deux meurtres pour un mensonge, Paris, RSF, 30p.
-Vivas, Maxime [2007], La face cachée de Reporters sans frontières : de la CIA aux faucons du Pentagone, Bruxelles, Aden éditions, 266p.


- Droit de réponse -


L’Observatoire remercie RSF de sa coopération. La partie « historique » de ce profil a d'abord été revue suite à une entrevue le 10 juin 2003 avec Robert Ménard, Secrétaire général de RSF-International et Directeur de RSF-France. Elle a ensuite été réactualisée après un entretien et des discussions avec le responsable du bureau Asie de l’organisation, Vincent Brossel, en mai 2008, puis avec le directeur de l’ONG, Jean-François Julliard, en septembre 2010.
Dans un mail reçu le 26 septembre 2008, M. Maxime Vivas nous a fait part des remarques suivantes :
Votre insinuation selon laquelle mes propos devraient être "mis en perspective" avec mon "castrisme" est attentatoire à mon honneur d'écrivain et de journaliste.
Elle suppose une absence d'éthique de ma part, elle induit insidieusement un manque de rigueur dans mon travail d'investigation sur RSF.
J'ai écrit un livre, non pas pour défendre Fidel Castro (Cuba n'apparaît pas dans l'ouvrage avant le chapitre XXIV) mais pour démasquer une drôle d'ONG qui s'acharne sur la presse pauvre des pays pauvres et qui reçoit de l'argent d'officines écrans de la CIA.
Ma sympathie va à tous les peuples du tiers monde qui cherchent à conquérir ou préserver leur indépendance et à récupérer leurs richesses naturelles. Par suite, on me verra attentif à la réalité des pays comme le Venezuela, la Bolivie, l'Equateur, le Nicaragua, etc.
De surcroît, s'il est des personnes pour lesquelles j'exprime nommément ma compassion et mon soutien dans ce livre, ce ne sont pas des dirigeants cubains mais les journalistes de toutes nationalités, en danger de mort sur les champs de bataille.
Je réfute, comme une diffamation, que mes écrits soient commandés par une subordination idéologique à un chef d'Etat.
Je sais que le discours de RSF à mon encontre, loin de démonter mon argumentaire, se borne à me qualifier de "castriste". Je vous prie de corriger la partie de votre étude qui abonde implicitement dans ce sens. Dans "la Liberté" (quotidien suisse), Robert Ménard est allé jusqu'à se poser la question de mon financement par La Havane.
Récemment le comportement de RSF contre les JO m'a inspiré plusieurs articles, sans que je devienne pour autant prochinois et maoïste.
Toutes les campagnes de RSF qui s'inscrivent dans des campagnes visant à servir les intérêts des USA et de leur armée au détriment des intérêts de la France et des journalistes provoquent mon indignation épistolaire. Mon parti pris est un parti pris du cœur, canalisé par un souci constant de vérité.
Si vous avez lu mon livre, vous y aurez vu ma dénonciation des propos sur la torture tenus sur France Culture par Ménard.
Dire à vos les lecteurs comment se situe le secrétaire d'une organisation humanitaire sur cette question aurait été aussi utile que de m'attribuer une allégeance à un leader du tiers monde.

 

Rédacteurs de la fiche et date de Mise à jour : E.B. et E.P., 17-6-2003 ; A.L., 29-9-2008 ; M.-A.M. 29-9-2012

 
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