1) Depuis une trentaine d'années, le mouvement
humanitaire moderne a connu
une
formidable montée en puissance, et pas seulement en Occident.
2) La recherche en France sur laction humanitaire
en situation de guerre est pour le moins lacunaire et dispersée,
avec une visibilité bien moindre que celle de nos collègues
anglo-saxons (notamment le Refugee Studies Centre à Oxford,
le Humanitarian and War Project aux Etats-Unis ou le Centre for
Development Research à Copenhague).
3) Les ONG travaillant de près ou de loin dans des pays
en guerre sont devenues de véritables acteurs politiques
sur la scène diplomatique mondiale : des lobbies qui ont
notamment uvré à l'établissement d'une
cour pénale internationale et à la signature d'un
traité bannissant l'usage des mines antipersonnel.
4) La maturité du mouvement humanitaire permet la critique
extérieure sans fragiliser la cause.
5) L'évaluation du travail humanitaire se fait surtout
en interne et pose un problème de transparence. Nombre
d'ONG sont, avec leurs bailleurs, à la fois juges et parties
de la qualité de leurs prestations. Suivant des logiques
comptables, les audits des bailleurs questionnent l'utilisation
des fonds bien plus que l'impact des programmes sur les populations
récipiendaires de l'aide.
6) Les diverses composantes associatives du mouvement humanitaire
sont beaucoup plus nombreuses et difficiles à étudier
que les acteurs classiques de l'aide au développement,
à savoir les Etats et les organisations intergouvernementales.
7) Il paraît donc important de constituer
une base de données sur les ONG.
