Ordre de Malte / Ordine di Malta - Historique
1113-1129
-1113, Palestine : fondé par le frère Gérard, possiblement un Français du nom de Pierre-Gérard de Martigues, l'hôpital de Saint Jean de Jérusalem est reconnu par le pape Pascal II comme un ordre religieux. La décision du Saint Siège provoque un afflux de donations et permet de consolider un dispensaire qui avait été établi pour les pèlerins en Terre Sainte dès avant la prise de Jérusalem en 1099 par les armées de la Première Croisade. Financé par des marchands italiens originaire du port d'Almafi, près de Naples, un premier hôpital carolingien avait en l'occurrence été pillé et détruit par les Chiites en 1000 puis les Seldjoukides en 1076. Ouvert vers 1080, l'établissement de frère Gérard a quant à lui survécu grâce à la prise de Jérusalem par les croisés en 1099, à l'issue d'une bataille où il devait soigner ses premiers blessés de guerre. Parfois appelé à tort Thonc, Tenque, Tunc ou del Sasso, Gérard avait également ouvert une maison des Frères de Saint Jean de Jérusalem à Gap dans le sud de la France vers 1112. En Angleterre, en Italie et en Espagne, des fidèles avaient par ailleurs cédé des terres aux Hospitaliers, respectivement à Clerkenwell vers 1100, Asti, Pise, Bari, Otrante et Messine en 1113, et Seron, Anglerilium, Lhorens, Biosca, Sainte Marie de Cireza et Sainte Marie de Llorach entre 1109 et 1113.
-A partir de 1114, Portugal : les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem se voient confier la gestion d'une province entière, Idanha a Velha. En 1122, ils acquièrent ensuite le domaine de Reguenza près de Trancoso dans l'actuelle région du Centre. Depuis Barosa dans le district de Leiria, ils finissent par y constituer un prieuré distinct en 1140. A partir de 1156, ils gèreront également un hôpital à Olibeira Coimbra.
-A partir de 1115, Palestine : les Hospitaliers développent leur dispensaire à destination des pèlerins tandis que leurs pendants de l'Ordre de Saint Lazare de Jérusalem s'occupent des lépreux.
-1116-1120, Espagne : après avoir reçu des terres à Balaguer et Iborra en 1114, les Hospitaliers accroissent leur domaine foncier à Vallesa et La Boveda en 1116, puis Saint Martin de Taniol et Saint Mamez en 1118. D'abord limités aux provinces septentrionales, les établissements de Saint Jean de Jérusalem rattachés au prieuré de Saint Gilles en France s'étendent ensuite vers le Sud à mesure que les chevaliers participent à la reconquête des territoires aux mains des Maures. A l'époque, l'Espagne est en effet la seule région d'Europe où les Hospitaliers mènent des actions militaires pour défendre la chrétienté contre l'islam, ce qui leur vaut d'ailleurs quelques dérogations en matière de recrutement et de conduite monastique, préludes à leur relative indépendance par rapport à leurs frères en Terre Sainte.
-1119, Palestine : le Saint Siège confirme le droit des Hospitaliers de lever la dîme sur leurs terres, privilège qui est étendu aux églises récemment acquises par l'Ordre dans l'évêché de Tripoli, sur le territoire de l'actuel Liban. Dans les royaumes de Jérusalem et Césarée, le pape Calixte II ratifie également les exemptions fiscales et les donations faites aux chevaliers à partir de 1100, essentiellement les domaines de Hessilia (Es Silsileh), Azot (Esdoud), Caco (Qaqoun), Le Soeth (Suet), Cayphas (Khaifa), Rame (Ramalah), Saint Georges (Lydda) et Saint Abraham (Hébron), en sus de quelques maisons et plantations à Jérusalem, Capharnaum, Naplouse, Jaffa, Acre, Ascalon et Jéricho.
-1120-1122, Palestine : après sa mort vers 1118, le frère Gérard est, selon l'opinion discutée de certains historiens, remplacé par des intérims, d'abord Pierre de Barcelone, puis Boyant Roger en 1121. Placé sous le patronage de Saint Jean-Baptiste, l'Ordre de l'hôpital de Saint Jean de Jérusalem s'affranchit alors de l'obédience bénédictine pour écrire sa propre règle. Soustrait à l'autorité des évêques, il peut également nommer ses maîtres de façon autonome. Ceux-ci doivent cependant être de sang noble, nés d'un mariage légitime, et ils n'admettent pas les bâtards, à l'exception des enfants issus de lignées princières.
-A partir de 1123, Palestine : un Dauphinois, Raymond du Puy, est élu à la tête de l'Ordre entre 1121 et 1125. Dans un esprit qui privilégie la communion fraternelle plutôt que la chasteté ou l'obéissance, il entreprend de rédiger une règle qui s'inspire de Saint Augustin et qui est écrite en latin vers 1126 ou 1130. Communauté monastique, l'Ordre de l'hôpital de Saint Jean de Jérusalem se dote alors insidieusement de fonctions militaires et chevaleresques pour assurer la défense des pèlerins, des malades et de ses dispensaires dans les territoires conquis aux musulmans. Avant de mourir en 1158, Raymond du Puy introduit ainsi trois classes de frères convers, clercs et laïcs dans le corps des Hospitaliers, à savoir, respectivement : les chevaliers de la noblesse ; les prêtres, aumôniers et chapelains ; les frères servants, enfin.
-1128, Palestine : le seigneur de Césarée confie aux Hospitaliers le château de Calansue (Qalansuwa), qu'ils tiendront jusqu'à leur défaite face aux troupes du sultan Baïbar (Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdar, 1223-1277) en 1265.
-1129, France : le concile de Troyes entérine le statut de " moine-soldat " pour l'Ordre des Templiers mais pas des Hospitaliers.
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