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Ordre de Malte / Ordine di Malta
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Historique

Ordre de Malte / Ordine di Malta - Historique




1130-1149


-1130, Italie : le pape Innocent II approuve l'emblème des Hospitaliers, une croix de Saint-Georges blanche et octogonale généralement cousue à droite du cœur sur une robe noire avec, parfois, une cotte d'armes rouge en temps de guerre. D'abord considérée comme une simple hôtellerie (hospitalis en latin), un hospice (xenodochium en grec) ou un asile (ptôchotropheion) destiné à nourrir et soigner les mendiants et les pauvres, la fondation amalfitaine va ainsi devenir progressivement un ordre religieux puis militaire. D'après Alain Beltjens, cette évolution lui permet d'éviter le départ des nobles attirés par l'essor de la milice des Templiers, créée en 1119 pour sécuriser les routes du pèlerinage vers Jérusalem.
 
-1131, Espagne : à sa mort, le comte de Barcelone Raymond-Bérenger III, devenu hospitalier dans son grand âge, lègue ses biens à l'Ordre.
 
-1134-1190, Espagne : le roi d'Aragon et de Navarre, Alphone Ier le Batailleur, meurt sans héritiers et laisse un tiers de ses biens aux Hospitaliers. Ecrit en 1131 et confirmé lors du décès du monarque, son testament est cependant contesté, obligeant le grand maître de l'Ordre, Raymond du Puy, à se rendre en Espagne pour négocier un arrangement avec le comte de Barcelone, Raymond-Bérenger IV, en 1140. En échange de l'abandon de toute prétention territoriale, les Hospitaliers obtiennent alors une partie des impôts de la Couronne et récupèrent d'importants domaines fonciers à Amposte, Barbastro, Huesca, Saragosse, Daroca, Calatayud et Jacca. En Catalogne, des donations de l'évêque de Lérida seront également confirmées par la papauté en 1158. Tant et si bien que les Hospitaliers devront démembrer leurs possessions pour créer en 1157 une châtellenie d'Amposte dans l'actuelle province de Tarragone. Suivront les prieurés de Navarre et d'Aragon en 1163 puis de Castille et Léon en 1190.
 
-1137-1153, Palestine : Foulques Ier, roi de Jérusalem, confie aux chevaliers de l'Ordre des Hospitaliers le castel Bath-Gibelin (Beit-Djibrin) à l'est de Gaza. Trois ans plus tard, ces derniers achètent Belvoir, au nord de Naplouse en Cisjordanie, et Belmont, sur la route de Jaffa à Jérusalem. Ils se font également construire des places fortes à Jérusalem et Acre. Et en 1153, ils aident Baudoin III de Jérusalem à s'emparer du port d'Ascalon (Ashkelon) depuis leur castel de Gibelin, qui ravitaille les armées chrétiennes en campagne.
 
-1140-1174, Syrie : les Hospitaliers entreprennent en 1140 de construire un château, Margat (Qalaat al-Marqab), près de Baniyas au nord de Tripoli. Deux ans plus tard, le comte de Tripoli, Raymond II, leur confie la défense du Krach des Chevaliers et de la place forte de Homs. Par un acte de 1170 confirmé en 1174, les Hospitaliers obtiendront également la charge des forteresses d'Archas (Aarka) et de Gibelacar (Akkar al-Atiqa), une manière de les remercier du rôle qu'ils ont joué pour négocier la libération en 1172 du nouveau comte de Tripoli, Raymond III.
 
-1143, Italie : une bulle du pape Célestin II subordonne les chevaliers teutoniques aux Hospitaliers, dont ils reprennent le code disciplinaire et la règle augustinienne. Héritier d'un hospice fondé par un pèlerin allemand à Jérusalem vers 1128, cet ordre va cependant acquérir son indépendance, qui sera solennellement proclamée dans le palais des Templiers à Tyr en 1198, avant de devenir définitive en 1229.
 
-A partir de 1149, France : après avoir rénové l'hôpital du Saint-Esprit à Montpellier en 1145, les Hospitaliers se voient confier en 1149 le château de Manosque, ville de Provence qui avait été mise à sac par les Sarrasins en 966. De là, ils mettent en place le grand prieuré de Saint-Gilles, leur premier en France, qui part des rives du Rhône et couvre toute la région à partir de 1177. Après 1248, celui-ci se composera en l'occurrence de deux entités, Saint-Gilles et Toulouse, qui formera son propre prieuré en 1315. Dans le Béarn, les Hospitaliers établissent par ailleurs des hospices pour les pèlerins en route pour Saint Jacques de Compostelle. S'y adjoindront des grands prieurés en Ile de France vers 1178, en Champagne vers 1315, en Aquitaine et en Auvergne vers 1230.