Ordre de Malte / Ordine di Malta - Historique
1190-1209
-A partir de 1193, Syrie : à la suite de Garnier de Naplouse, un Anglais élu en 1190, les chevaliers de l'Ordre choisissent en 1193 un nouveau grand maître en la personne de Geoffroy de Donjon, un Français. A l'époque, la fonction de moine-soldat continue de susciter de nombreuses vocations car elle n'est pas cloîtrée et permet une certaine liberté. En 1193, la mort de Saladin (Al-Malik an-Nâsir Salâh ad-Dîn Yûsuf) et les querelles de succession qui s'ensuivent entre ses fils permettent en outre d'envisager une trêve durable dans la région. Installés à Margat, les chevaliers entreprennent alors de consolider leur position en renégociant le partage des dîmes, des moulins et des fontaines avec les Templiers et l'évêque de Valénie (Baniyas), qui est lui-même membre de l'Ordre. En 1198, ils sont cependant contraints par le pape de restituer des terres réclamées par l'évêque de Tripoli.
-A partir de 1195, Espagne : en remerciement de leur participation à la reconquête des territoires du Sud aux mains des Maures, les Hospitaliers reçoivent du roi d'Aragon une partie du butin pris aux musulmans. En 1224, le roi de Castille et de Léon, Alphonse IX, leur concède ensuite une partie du revenu des villes de Frenso el Viejo et Paradinas, ainsi que des régions de l'Estramadure et du Val de Garona. Suite à la conquête de Valence, encore, les Hospitaliers se voient confier Cullera, Torrente et Silla entre 1233 et 1240, en sus d'Alcudia aux Baléares.
-A partir de 1202, Pologne : en Silésie, les Hospitaliers se voient confirmer leurs droits sur la commanderie de Strzegom (Striegau), où ils se sont établis vers 1163 et d'où ils se sont étendus vers Warta puis Tyniec en 1189. Peu engagé dans des actions militaires, l'Ordre compte surtout des religieux, et non des chevaliers.
-1203-1205, Syrie : devenu grand maître en 1202, Alfons de Portugal réunit les chevaliers dans la forteresse de Margat et réécrit entre 1203 et 1205 une règle qui officialise la fonction militaire de l'Ordre. A l'instar de Raymond du Puy, il confirme les trois classes constitutives du corps des Hospitaliers : les chevaliers, les chapelains et les frères servants ou sergents. S'y ajoutent des dames hospitalières et les laïcs dits de dévotion, également appelés confratres ou donats, qui ne prononcent pas de vœux mais qui donnent leurs biens à l'Ordre. En principe, tous sont censés porter secours aux malades, bien que les chevaliers de " justice " soient clairement destinés au service des armes. Les laïcs de dévotion, eux, prendront plus tard le titre de chevaliers " honoraires ".
-A partir de 1206, Palestine : trop arrogant, Alfons de Portugal est démis et remplacé par Geoffroy le Rat en 1206. Celui-ci cède ensuite la place à deux autres Français, Garin de Montaigu en 1207 puis Bertrand de Thessy en 1228.
-1207, Syrie : chassé de son château par les Templiers dans la région de Margat, un vassal vient chercher refuge auprès des Hospitaliers, qui entreprennent de reprendre la place forte. L'affaire dégénère et révèle les rivalités entre les deux ordres. Il faut l'intervention du pape Innocent III pour qu'une trêve soit décrétée et que le château soit finalement restitué à son propriétaire. Véritables Eglises dans l'Eglise, Templiers et Hospitaliers sont en effet en concurrence sur les mêmes terres. La différence est que les premiers ont moins de possessions mais sont plus nombreux.
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