Ordre de Malte / Ordine di Malta - Historique
1460-1489
-1462, Espagne : les Hospitaliers d'Espagne se subdivisent en deux " langues ", l'Aragon et la Castille.
-1476-1489, Grèce : Pierre d'Aubusson, qui devient grand maître de l'Ordre à Rhodes, refuse de payer un tribut au sultan Mehmet II. Prévoyant des représailles, il mobilise les chevaliers d'Europe occidentale pour repousser les assauts d'une centaine de milliers de Turcs en 1480. La bataille navale et le siège de la ville font 24 000 morts et obligent le pacha Misach, né Michel Paléologue, à se retirer au bout de trois mois quand une flotte hispano-napolitaine vient au secours de Rhodes. Accueilli triomphalement à Rome par le pape Sixte IV, Pierre d'Aubusson est alors récompensé par la dignité de cardinal en 1489, un titre honorifique et sans véritable fonction religieuse. Ce faisant, le grand maître viole l'article 22 des statuts de l'Ordre qui, rédigés en 1283, interdisent aux prêtres et aux hommes d'Eglise d'occuper sa position parce que leur mission de paix n'est pas compatible avec le rôle militaire et temporel des chevaliers de justice.
-1482, Grèce : à Rhodes, les chevaliers de l'Ordre donnent asile au deuxième fils du sultan Mehmet II, Djem-Zizim, qui est né d'une princesse serbe chrétienne et qui est en conflit avec son aîné Bajazet II. Ils l'évacuent alors en France et en profitent pour aller à Istanbul négocier un traité de paix garantissant qu'ils n'utiliseront pas l'exilé pour combattre les Ottomans et revendiquer le trône. En échange de quoi, ils reçoivent de Bajazet II des dédommagements pour le siège de Rhodes et un viatique pour l'entretien de Djem-Zizim en France.
-1489-1604, Italie : soucieux de consolider la position des chrétiens à Rhodes après la chute de Constantinople en 1453, le pape Innocent VIII confie aux Hospitaliers les biens de deux Ordres, le Saint Sépulcre et Saint-Lazare de Jérusalem. Comme pour les Templiers, les chevaliers rencontrent cependant de grandes difficultés pour entrer en possession de leurs nouveaux domaines. Située à Boigny, la principale commanderie française de l'Ordre de Saint-Lazare, notamment, refuse de se dissoudre. En 1493, elle essaie plutôt de trouver un compromis en choisissant d'élire à sa tête un chevalier de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem, François d'Amboise, qui est le neveu d'Emery d'Amboise, futur grand maître de Rhodes en 1503. En apparence, les conventions sont ainsi respectées. Mais à la mort de François d'Amboise en 1500, ses successeurs Agnan de Mareul puis, à partir de 1519, Claude de Mareul persistent à défendre l'autonomie de l'Ordre de Saint-Lazare en dépit d'une résolution du pape Jules II qui, en 1505, confirme la bulle de 1489 et la tutelle des Hospitaliers de Rhodes. Lorsque ces derniers tentent de s'emparer de la commanderie de Boigny en 1540, l'affaire est portée devant les tribunaux de Paris, qui donnent raison aux Français en 1548. Pour régler le problème sans offenser la papauté, le roi Henri II prend alors l'initiative en 1557 de nommer à la tête de l'Ordre de Saint-Lazare un chevalier de Malte, Jean de Lévis " de Charlus ". Ce faisant, la Couronne française affirme ses prérogatives face à la souveraineté des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem. Approuvé par le pape Pie IV en 1564, un tel système perdure jusqu'en 1604 en laissant planer le doute sur le rôle exact du prieur de Capoue, Giannotto Castiglione, que le Saint-Siège nomme grand maître de l'Ordre de Saint-Lazare en 1565.
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