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Ordre de Malte / Ordine di Malta
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Historique

Ordre de Malte / Ordine di Malta - Historique




1490-1529


-1496, Grèce : sous l'égide de Pierre d'Aubusson à Rhodes, l'Ordre réforme ses statuts et la nouvelle édition de sa règle fixe définitivement la forme de son emblème, une croix à huit pointes.
 
-1503, Grèce : devenu grand maître à Rhodes en 1503, Emery d'Amboise organise la santé publique de l'île en montant une commission, la Domini Sanitatis, qui réunit des représentants de l'Ordre, des habitants de la ville, des médecins et des apothicaires. L'objectif est notamment de contrôler les épidémies, par exemple en isolant les cas suspects et en délivrant des permis d'inhumer pour les malades morts de maladie. La commission est également chargée d'inspecter les bateaux et de les mettre en quarantaine le cas échéant, en interdisant à leurs passagers de débarquer sur l'île.
 
-1504-1519, Grèce : depuis Rhodes, Emery d'Amboise renouvelle le traité de paix conclu par son prédécesseur avec le sultan Bajazet II en 1482. La trêve se poursuit jusqu'en 1519 sous l'égide des grands maîtres Guy de Blanchefort et Fabrizio del Carretto, qui sont respectivement élus en 1512 et 1513.
 
-1511, Grèce : un chevalier provençal, Charles Aleman de la Rochechinard, finance l'église conventuelle de Rhodes et devient un des grands donateurs de l'Ordre.
 
-1521-1523, Grèce : à Rhodes, le Français Philippe Villiers de L'Isle Adam est élu grand maître de l'Ordre contre André d'Amaral, le grand prieur de la Langue de Castille qui, dépité, trahit et livre au sultan Soliman II les plans d'invasion de la ville. Mené par près de 200 000 hommes, le siège des Turcs démarre en juillet 1521 et dure jusqu'à la capitulation dans l'honneur des chevaliers, qui seront autorisés à évacuer l'île sains et saufs en janvier 1523. Sous l'égide du grand prieur de Saint-Gilles, Prégent de Bidoulx, seule la France a vainement tenté de lever une flotte pour venir au secours des assiégés.
 
-A partir de 1523, Italie : après avoir dû quitter Rhodes devant la poussée des Turcs, les chevaliers de l'Ordre se replient temporairement à Messine en Sicile. Ils essaient ensuite de s'implanter à Candie (Héraklion) en Crète, puis sur l'île grecque de Cérigo (Cythère) en mer Égée, et enfin à Villefranche et à Nice en France en 1527-1528. Tout juste élu, c'est le pape Clément VII qui installe provisoirement l'administration du grand maître à Viterbe en Italie, pendant que les galères de l'Ordre mouillent un peu plus loin dans le port de Civitavecchia. Convaincu de l'utilité des chevaliers pour défendre les frontières maritimes de l'Espagne, le roi Charles Quint propose quant à lui de leur céder les îles de Malte, Gozo et Comino, ou bien encore des terres autour de Tripoli en Libye. Dans un premier temps, cependant, le grand maître Philippe Villiers de L'Isle Adam refuse pour ne pas compromettre l'indépendance de l'Ordre et ne pas paraître renoncer définitivement à un retour sur Rhodes.
 
-A partir de 1529, Suisse : malgré une présence des Hospitaliers attestée dès 1180 par une donation de l'évêque de Constance, le domaine de Münchenbuchsee est confisqué par les Bernois au prétexte que ses terres avaient été données à un établissement, Saint Jean, qui n'existe plus depuis la prise de Jérusalem par les musulmans en 1244. Située au nord-ouest de Berne et étendue au patronat des églises de Douanne en 1252, Moosseedorf en 1256, Krauchtal en 1273, Bremgarten en 1307 et Wohlen en 1320, la plus ancienne commanderie de l'Ordre en Suisse échappe alors à la tutelle des chevaliers dans un pays qui ne constitue pas une " Langue " et dont les possesssions sont rattachées à l'Allemagne, à l'Italie ou à l'Auvergne. L'évolution du domaine de Münchenbuchsee n'est d'ailleurs pas sans rappeler le cas des commanderies de Hohenrain et Reiden, qui datent respectivement de 1182 et 1284. Situées dans les actuels districts de Hochdorf et Willisau, celles-ci sont en effet mises sous séquestre en 1523 par les bourgeois de Lucerne, qui tablent sur une disparition de l'Ordre après la chute de Rhodes cette année-là. Bien que restitués en 1542, les deux domaines seront définitivement confisqués par les Lucernois en 1807. D'une manière générale, l'Ordre a beaucoup de mal à résister à la Réforme protestante et aux querelles intestines des cantons suisses. Ainsi, sa commanderie de Compesières, qui s'étend du côté français jusqu'à Annecy en Haute-Savoie et Musinens-en-Michaille dans l'Ain, est plusieurs fois pillée lors de troubles qui agitent le pays genevois en 1589 puis 1603. Ses responsables, eux, doivent négocier leur libération en échange du paiement d'une rançon ou en arguant de leur nationalité étrangère.