Ordre de Malte / Ordine di Malta - Historique
1610-1629
-1611-1616, Italie : le pape, relate Francesco Russo, condamne à plusieurs reprises le dévoiement des chevaliers de Malte qui s'adonnent aux jeux d'argent, aux duels et à la fréquentation des prostituées. Le cas d'Alonso de Contreras, qui écrit son autobiographie vers 1630, est assez révélateur à cet égard. Meurtrier récidiviste, grand amateur de bordels et enfant-soldat après avoir tué un camarade à l'âge de douze ans, celui-ci s'engage très vite dans l'armée d'Espagne puis rentre dans l'Ordre de Malte avec le rang de frère servant en 1611. Malgré sa basse extraction, il est ensuite promu vers 1622 chevalier et gouverneur de l'île de Pantelleria, au large des côtes de l'actuelle Algérie, avant de prendre en charge la direction d'une commanderie en Castille.
-1614, Malte : du fait de l'intensificiation de leurs activités de corsaires, les Hospitlaiers sont brièvement assiégés pendant deux jours de juillet par une soixantaine de galères turques.
-1618-1797, Pologne, Ukraine : donnés à la suite d'un legs de 1609 du duc lituanien Janos d'Ostrog, qui règne sur la région de Volhynie et de vastes territoires autour de l'actuelle ville ukrainienne d'Ostroh, les biens de l'Ordre sont disputés par les héritiers et confisqués en 1618. A La Valette, les grands maîtres s'en désintéressent bientôt du fait de leur éloignement. La question revient cependant à l'ordre du jour quand, en 1672, le domaine est confié à un lointain parent du duc Janos d'Ostrog, le prince Jerome Lubomirski, qui est lui-même chevalier de Malte. Sous le règne du roi Jean III Sobieski, qui arrive au pouvoir en 1674 et entreprend de chasser les Turcs d'Europe centrale, les Hospitaliers connaissent ainsi un regain de vigueur en attirant les jeunes de la noblesse locale grâce à un accord passé avec l'Ordre pour exempter de pèlerinage à Jérusalem les chevaliers qui combattent six mois contre les infidèles et peuvent prétendre à des privilèges féodaux après deux ans de service. En 1701, les revendications de Malte sur le domaine d'Ostrog reçoivent même l'appui de la monarchie polonaise. En vain : après le départ du roi Stanislas Leszczinski, chassé de son trône en 1709, son successeur et rival, Frédéric-Auguste de Saxe, confie en 1721 le domaine d'Ostrog à des administrateurs provisoires qui le démembrent. A l'époque, les prétentions du prince Augustus Czartoryski, un chevalier de Malte allemand, se heurtent aussi à la noblesse locale, qui vote en 1726 une loi de mainmorte interdisant aux ordres religieux d'hériter de terres. Redevable au grand maître d'avoir accueilli un de ses bâtards à La Valette, le roi Frédéric-Auguste de Saxe, lui, n'est pas foncièrement hostile aux Hospitaliers. En échange d'une renonciation formelle à l'ensemble du domaine, l'ambassadeur de La Valette à Varsovie, Michele Sagramoso, parvient en conséquence à récupérer une partie du revenu des terres au moment de la création d'un grand prieuré de Pologne en 1775. Mais les autorités tardent à reverser leur dû à Malte. De plus, les chevaliers polonais prennent des libertés avec les règles de célibat de l'Ordre, à tel point que leurs homologues allemands du grand baillage de Brandebourg refusent de les reconnaître et qu'ils doivent finalement être intégrés dans la " Langue " anglo-bavaroise en 1783. Le puissant voisin russe veille également au grain. Or, explique Alain Blondy, l'Ordre est perçu comme une annexe des services de renseignements français en Pologne, non sans raisons d'ailleurs, puisque c'est Versailles qui fournit le code chiffrant la correspondance secrète entre les grands maîtres à La Valette et leurs chargés d'affaires à Varsovie. Résultat, les chevaliers perdent de nouveau leurs possessions lorsque la Lituanie repasse sous la domination de l'empire russe à l'occasion du deuxième partage de la Pologne en 1793. En 1797, cette situation est confirmée par le tsar Paul Ier, qui, promu à la tête de l'Ordre, s'engage en échange à lui reverser un usufruit.
-1622-1623, Malte : un ancien gouverneur de la colonie portugaise d'Angola, Luis Mendez de Vasconcellos, devient grand maître de l'Ordre mais décède peu après. Il est aussitôt remplacé par un Toulousain, Antoine de Paule, en 1623. A l'époque, les relations avec la population autochtone n'en demeurent pas moins difficiles. Constitués d'étrangers venus du continent, les chevaliers de l'Ordre font parfois figure de troupes d'occupation et leur mépris pour la roture ne sera pas pour rien dans les révoltes qui agiteront Malte en 1749 puis 1773.
-1629, Italie : à sa mort, un chevalier féru d'archéologie, Antonio Bosio, lègue à l'Ordre un palais romain qui abritera ses premières archives et qui, à partir de 1631, acueillera l'ambassade des Hospitaliers auprès du Saint Siège.
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