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Ordre de Malte / Ordine di Malta
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Historique

Ordre de Malte / Ordine di Malta - Historique




1650-1669


-1651-1665, Saint-Christophe-et-Niévès : sous l'égide du chevalier Charles Huault de Montmagny, premier gouverneur de la Nouvelle France, l'Ordre achète à la Compagnie des Isles d'Amérique la concession que constituent les îles de Saint-Christophe, Sainte-Croix, Saint Martin, Saint-Barthélemy et les Îles Vierges. Ces territoires, dont la vente est ratifiée par le roi de France en 1653, sont trop exigus et lointains pour que l'institution y envisage une alternative sérieuse à Malte. Mais l'Ordre y exerce sa souveraineté sous le commandement des chevaliers Philippe de Lonvilliers de Poincy puis, à sa mort en 1660, Charles de Sales.
 
-1655, Malte : alors que se répand une épidémie de peste, les efforts des chevaliers, qui ont construit en 1643 un lazaret en pierre sur l'île de Manoel, permettent de limiter la propagation de la maladie et les risques de contagion. Les navires qui arrivent dans l'île, notamment, sont inspectés de près et mis en quarantaine le cas échéant. Les malades, quant à eux, sont promptement isolés et placés sous la garde de soldats, tandis que leurs proches sont assignés à domicile.
 
-1657, Malte : un Espagnol, Martin de Redín y Cruzat, devient grand maître de l'Ordre. Il renforce les garnisons des chevaliers, crée un corps de 4 000 mousquetaires et améliore l'approvisionnement en nourriture de l'île grâce à ses connections avec la Sicile, dont il a été vice-roi.
 
-1660-1669, Malte : mort aussitôt après avoir été élu, le grand maître de l'Ordre, Annet de Clermont de Chattes Gessant, est remplacé par deux frères, Raphael Cotoner y de Oleza à partir de 1660 puis Nicolás Cotoner y de Oleza à partir de 1663. Ceux-ci embellissent la ville de La Valette, dont le carnaval égale bientôt le faste des festivités de Rome ou Venise. En Crête, ils envoient également des renforts pour aider les Vénitiens à reprendre le port de La Canea en 1660 et à défendre Candie (Héraklion), qui finit par tomber entre les mains des Ottomans en 1669. Leur initiative permet de réconcilier les deux grandes puissances maritimes chrétiennes qui se disputaient le contrôle du commerce en mer Méditerranée. Par décret et en remerciement de leur soutien, la République de Venise autorise ainsi les chevaliers de Malte à garder leurs armes sur ses territoires, un privilège dont ne jouissent pas ses propres citoyens.
 
-1665-1690, Saint-Christophe-et-Niévès : peu intéressé par des territoires lointains, l'Ordre revend sa concession des îles de Saint-Christophe à la Compagnie des Indes occidentales, qui vient de reprendre les possessions de la Compagnie des Isles d'Amérique, ruinée et dissoute en 1664. Le chevalier de Malte qui commande la place, Charles de Sales, est alors confirmé dans ses fonctions, tandis que le gouvernement général de la région est transféré à la Martinique et placé sous l'autorité directe du roi de France. Mais il est bientôt tué lors d'une bataille remportée contre les Anglais en 1666. Lui succèdent alors les chevaliers Claude de Roux de Saint Laurens puis, à partir de 1689, Charles de Peychpeyroux-Comminges de Guitaud, un an avant que les Britanniques s'emparent de l'île de Saint-Christophe et en expulsent les Français.
 
-1669-1693, France : une ordonnance royale interdit aux ecclésiastiques de couper des arbres sans l'autorisation des agents des Eaux et Forêts. Mais les chevaliers de Malte ne s'estiment pas tenus par ce règlement, jusqu'à se voir condamnés à une forte amende en 1693. L'enjeu est d'autant plus important que le prix de vente des arbres ne cesser d'augmenter et constitue un revenu non négligeable pour renflouer le budget déficitaire de l'Ordre.