Ordre de Malte / Ordine di Malta - Historique
1670-1709
-A partir de 1675, Malte : moins heureux qu'en 1655, les Hospitaliers ne parviennent par à endiguer une épidémie de peste qui, en 1675, tue environ 11 000 personnes dans l'archipel, dont une cinquantaine de chevaliers et 8 000 habitants de La Valette. Les ravages de la maladie conduisent l'Ordre à renforcer ses mesures sanitaires. L'eau est désormais mieux contrôlée ; les boulangeries et les abattoirs, régulièrement inspectés. Un aqueduc est construit pour approvisionner La Valette, chaque maison doit se doter de sa propre citerne, des drainages sont entrepris pour supprimer les eaux stagnantes : autant de mesures préventives qui, en l'occurrence, permettent de juguler complètement une autre épidémie de peste en 1785. Après avoir fondé une première école de médecine en 1595, les Hospitaliers établissent par ailleurs une faculté d'anatomie et de chirurgie en 1676, puis de pharmacie en 1679. A cela s'ajoutent ensuite une bibliothèque spécialisée en 1687, une université de médecine en 1771 et, en 1794, une chaire de dissection où l'on examine les corps des patients décédés, y compris les chevaliers. Essentiellement constitués d'un hôpital, la " Sacrée Infirmerie " de Vittoriosa, située au cœur de La Valette, et d'un lazaret, dans le port voisin de Marsamxett, les établissements de l'Ordre acquièrent alors une grande réputation et soignent environ 4 000 malades par an, avec une mortalité évaluée à 8% à la fin XVIIIème. A l'époque, la grande salle de la " Sacrée Infirmerie " est une des plus vastes d'Europe ; elle abrite 130 lits individuels et ses extentions peuvent bientôt en accueillir jusqu'à 914 en cas d'urgence. Au contact de la médecine arabe, les Hospitaliers sont ainsi des précurseurs en matière d'ophtalmologie et d'anesthésie, quitte à droguer les patients à l'opium ou à leur asséner un coup de marteau en bois sur la tête afin de les étourdir ! Le problème est que l'Inquisition catholique déconseille la dissection et freine la diffusion des innovations médicales après 1650. En 1711, par exemple, le pape envoie des officiers inspecter par surprise la " Sacrée Infirmerie " de La Valette, qui échappe en principe à sa juridiction. L'affaire suscite le courroux des chevaliers, qui expulsent les intrus, et provoque un incident diplomatique qui va de Rome jusqu'à Versailles avant que le grand maître Manuel Pinto de Fonseca, élu en 1741, parvienne à faire lever la censure de l'Inquisition en matière médicale.
-1690, Malte : après le décès de Gregorio Carafa Della Roccella, au pouvoir depuis 1680, Adrien de Wignacourt devient grand maître de l'Ordre. Neveu d'Alof de Wignacourt, en poste de 1601 à 1622, il confirme à sa manière l'endogamie des chevaliers, à l'instar de ses prédécesseurs, les frères Raphael et Nicolás Cotoner y de Oleza.
-1693, Italie : les chevaliers de l'Ordre envoient des secours et cinq galères chargées de vivres aux rescapés d'un tremblement de terre qui a ravagé Augusta en Sicile. A Malte, qui a également été touchée par le séisme, ils participent par ailleurs à la reconstruction de la ville de Mdina et y érigent symboliquement un palais pour loger leur grand maître et marquer leur emprise sur l'ancienne capitale arabe dans l'intérieur de l'île.
-1703, Algérie : les chevaliers de Malte participent à une expédition maritime des Espagnols sur le port d'Oran. En 1783 et 1784, ils aideront également les troupes du roi Charles III à défendre la ville, dont les Castillans se sont emparés en 1732.
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