Ordre de Malte / Ordine di Malta - Historique
1790-1809
-1790-1801, France : l'Assemblée nationale crée en 1790 des départements qui contribuent à redessiner la cartographie administrative de l'Ordre. En 1792, des révolutionnaires recommandent par exemple que chaque département dispose d'un nombre égal de commanderies et soit en mesure de dénoncer les concessions de service public accordées aux chevaliers sur des territoires qui avaient initialement été donnés pour fonder des hôpitaux mais qui, depuis lors, ont surtout servi à financer la noblesse. Avec l'occupation napoléonienne de 1798, l'archipel de Malte est ensuite divisé en reprenant l'organisation administrative instituée en France par la nouvelle Constitution promulguée en 1795. Le territoire est ainsi découpé en cantons de 3 000 habitants chacun. L'île de Malte dispose en outre de deux municipalités dont le fonctionnement entérine la montée en puissance de la bourgeoise de La Valette face à la noblesse de Mdina. Le Directoire, qui abolit l'esclavage, proclame par ailleurs l'égalité des droits de tous les Maltais sans leur accorder la citoyenneté française, à la différence des autres pays annexés par les révolutionnaires sur le continent européen. Entre colonie et proconsulat militaire, Paris se laisse in fine la possibilité de départementaliser l'archipel. Mais une telle évolution ne verra jamais le jour du fait de l'invasion anglaise en 1800, même si, dans ses écrits, l'administration française continuera jusqu'en 1801 à maintenir la fiction, purement théorique, d'une fonction publique déployée dans le département de Malte.
-1791, France : malgré le soutien du lobby des commerçants maritimes, l'Ordre suscite l'ire des députés jansénistes qui contestent la toute puissance de l'Eglise. Outre les taxations, les mesures prises par l'Assemblée nationale, telle l'interdiction de prononcer des vœux perpétuels, empêchent alors Malte de continuer à recruter des chevaliers français, dont l'influence décline au profit des allemands. Le décret du 30 juillet 1791 supprime ainsi les ordres de chevalerie et menace de déchoir de leur nationalité les citoyens français affiliés à ceux qui sont établis à l'étranger et qui consacrent les privilèges de la noblesse.
-1792, France : la suppression de la royauté et la proclamation de la République achèvent de démanteler l'Ordre. En vertu d'un décret du 19 septembre 1792, les révolutionnaires saisissent ses biens et commencent à les revendre. A partir de 1793, l'invasion des pays voisins conduit aussi à confisquer les prieurés des Hospitaliers à l'étranger, notamment en Romagne lors de la campagne d'Italie de Napoléon Bonaparte en 1797. Fin 1792 en Suisse, par exemple, les Français mettent la main sur la commanderie de Compesières, qui sera finalement cédée par la Sardaigne au canton de Genève en 1816.
-1793, Malte : des espions de la Convention fomentent une tentative de révolte. Les réquisitions et les saisies des révolutionnaires français privent en effet l'Ordre d'une majeure partie de ses revenus, qui chutent de deux tiers entre 1789 et 1797. Résultat, les chevaliers éprouvent de plus en plus de difficultés à approvisionner l'île et à ravitailler la population, dont le mécontentement va grandissant. L'Ordre doit alors diminuer son train de vie et licencier des employés. Attaqué tout à la fois par les anticléricaux, les parlementaires jacobins, les prêtres jansénistes et certaines factions du Saint-Siège, il est en outre affaibli par des querelles intestines et se voit entraîner par le roi de Naples, son suzerain, dans une guerre larvée contre la France. Le commerce maritime, qui avait fait la fortune des chevaliers, périclite en conséquence et précipite bientôt la chute de l'Ordre, qui n'est plus soutenu par la bourgeoisie de La Valette et la vieille aristocratie municipale de Mdina.
-1794, Malte : un émigré proche de Louis XVIII, François Froment, envisage d'établir une base navale russe sur l'île de Gozo, à Malte, pour abattre la République française et y rétablir la monarchie avec l'aide de l'impératrice Catherine II. Le projet ne connaît pas de suites mais conforte l'idée que l'Ordre complote contre les révolutionnaires au pouvoir à Paris. De nombreux chevaliers ont en effet rejoint la première coalition d'émigrés qui s'est constituée à Pillnitz en 1791. A Paris, des responsables de l'Ordre ont par ailleurs réussi à détourner de leurs revenus un million de livres pour financer le départ du roi Louis XVI et la formation d'une nouvelle armée. Ce financement occulte, relate Alain Blondy, est cependant ignoré par les révolutionnaires français et par le grand maître Emmanuel de Rohan-Polduc, qui, à Malte, tente vainement de préserver la neutralité de l'Ordre pour échapper à de possibles représailles républicaines.
-1795-1798, Malte : pour combler un budget dont le déficit structurel a été creusé par la perte des revenus en provenance de France, le grand maître Emmanuel de Rohan-Polduc doit de nouveau emprunter de l'argent en janvier 1795, ceci tout en réduisant ses dépenses hôpitalières et militaires. Le licenciement du petit personnel de l'Ordre mécontente la population, qui est également touchée par l'effondrement du commerce extérieur. De plus en plus contestés, les Hospitaliers déjouent ainsi en mai 1797 un complot mené par Mikiel Anton Vassalli, un intellectuel nationaliste qui n'avait eu de cesse de vouloir promouvoir la langue maltaise. Celui-ci, qui a vraisemblablement reçu un soutien au moins tacite de certains chevaliers progressistes et réformistes, réclamait en l'occurrence l'instauration d'un port franc qui puisse librement commercer avec les puissances musulmanes en proclamant la fin de la lutte contre l'Islam. De plus, il demandait la création d'une neuvième Langue pour les Maltais. Sans doute inspirés par le Directoire, les conjurés sont certes trop peu nombreux pour préparer l'invasion de Malte par les troupes de Napoléon Bonaparte en juin 1798. D'après l'historien Alain Blondy, la facilité avec laquelle les Français vont s'emparer de l'archipel résulte plutôt " d'une collusion objective entre les partisans des idées nouvelles, une noblesse locale souffrant d'être tenue éloignée, une bourgeoisie affolée par le marasme économique, un clergé ravi de se débarrasser d'un Ordre qui ne l'avait jamais ménagé et un peuple souffrant d'être méprisé et écrasé par l'augmentation du coût de la vie ". L'occupation napoléonienne ne mettra cependant pas fin aux récriminations des indépendantistes. En effet, les pénuries ne cessent de s'aggraver dans le cadre du blocus mis en place par l'Angleterre et le Royaume napolitain, alliés contre la France en vertu d'un traité signé le 1er décembre 1798. De plus, la brutalité de l'occupant, ouvertement favorable à la bourgeoisie marchande et libérale de La Valette, attise l'inimitié des campagnes, qui se soulèvent partir de septembre 1798 avec le soutien de la noblesse et du clergé, restés fidèles à Naples et à Rome.
-1796, Russie : en novembre 1796, la mort de l'impératrice Catherine II suspend brièvement les négociations entamées avec l'ambassadeur de La Valette à Saint-Pétersbourg, le bailli Giulio Litta, en vue de constituer un grand prieuré russe qui voit officiellement le jour en janvier 1797 sous les auspices de Paul Ier. Dès 1788, Catherine II avait en l'occurrence demandé au grand maître Emmanuel de Rohan-Polduc d'aider les troupes russes à combattre les Ottomans. Dix ans après, l'idée est également de contrebalancer la perte des biens de l'Ordre lors du deuxième partage de la Pologne en 1793. Avec la chute de Malte, passée aux mains de Napoléon Bonaparte en 1798, l'objectif est par ailleurs d'accueillir les chevaliers en exil, qui sont regroupés avec des membres de la noblesse russe dans un deuxième grand prieuré de Russie qui n'a pas, lui, de spécificités religieuses.
-1797, Malte : après la mort d'Emmanuel de Rohan-Polduc, le bailli du prieuré de Brandebourg, Ferdinand von Hompesch zu Bolheim, est élu grand maître. Ce faisant, les chevaliers espèrent obtenir la protection de la reine Marie-Thérèse d'Autriche contre la menace révolutionnaire des Français. Un vague projet envisage ainsi de regrouper l'Ordre de Malte et les Teutoniques allemands dans des îles adriatiques sous souveraineté autrichienne. En vain : par le traité de Campoformio, l'Empire austro-hongrois trouve un arrangement avec Napoléon Bonaparte en lui cédant Corfou et les îles Ioniennes. Après l'Espagne de Charles Quint et la France de Louis XIV, c'est donc la Russie qui est appelée à devenir brièvement la puissance protectrice de l'Ordre quand les troupes révolutionnaires s'emparent de Malte en 1798. Accusé d'incompétence et de lâcheté face à l'envahisseur, Ferdinand von Hompesch est alors poussé à la démission et de facto remplacé par le tsar Paul Ier.
-1798, Malte : en route vers l'Egypte, Napoléon Bonaparte décide d'envahir l'île pour éviter que les Russes, les Anglais ou les Napolitains n'y établissent une base navale. Sous prétexte qu'on leur a refusé de s'alimenter en eau pour préserver la neutralité de l'Ordre, ses troupes débarquent à La Valette, où elles ne rencontrent pas de résistance. Avec un millier de miliciens maltais qui ne sont pas insensibles au discours des révolutionnaires français contre les privilèges de l'aristocratie, les 362 chevaliers en la place ne font guère le poids face à 15 000 hommes et ils signent rapidement un traité de reddition le 12 juin 1798. L'Ordre, dont les biens sont nationalisés, est alors chassé de l'île et perd définitivement son caractère militaire. Parmi les 260 chevaliers français, 35 s'engagent dans l'armée d'Egypte, où la plupart seront tués, pendant que 77 autres sont déportés à Antibes, emprisonnés à Perpignan et finalement expulsés en Espagne. Quelques-uns restent à Malte, s'en vont en Italie, poussent jusqu'en Russie ou retournent en France. Vaguement indemnisé par la République française, le grand maître Ferdinand von Hompesch s'établit quant à lui à Trieste puis à Görtschach, en Slovénie, avant de démissionner en juillet 1799 et de finir sa vie dans l'indigence à Montpellier en mai 1805.
-1799, Russie : après avoir obtenu des chevaliers réfugiés à Saint-Pétersbourg la déchéance de Ferdinand von Hompesch puis son élection comme grand maître en octobre 1798, le tsar Paul Ier prend les rênes de l'Ordre de Malte. Sa nomination, qui précède l'abdication de Ferdinand von Hompesch, n'en est pas moins illégale et ne sera jamais reconnue ni par l'Eglise ni par Naples. En effet, le tsar Paul Ier est orthodoxe, et non catholique. De plus, il est marié, n'est pas un religieux et contrevient aux règles de l'Ordre en créant des chevaliers héréditaires. Enfin, son élection n'a pas été approuvée par le pape Pie VI, en exil à Florence. Il faut d'ailleurs une intervention pressante de François II d'Autriche, allié de Paul Ier, pour que Ferdinand von Hompesch accepte de démissionner en juillet 1799. En mars 1801, l'assassinat du tsar met de toute façon un terme à l'expérience. Son fils Alexandre Ier, qui ne souhaite pas reprendre le titre, maintient le comte Nicolas de Soltykoff dans ses fonctions de lieutenant provisoire de l'Ordre et essaie vainement d'organiser l'élection d'un nouveau grand maître dont le choix revient finalement au pape. En mai 1802, celui-ci désigne alors un prince romain et ancien général des galères de Malte, le bailli Barthélemy Ruspoli, qui se trouve à l'époque en Ecosse et qui se récuse aussitôt parce que sa nomination arbitraire contrevient aux usages traditionnels des chevaliers et que l'archipel est toujours occupé par les Anglais.
-1800, Malte : appelés à la rescousse en raison de la promulgation de lois impopulaires, d'une fiscalité draconienne et du pillage systématique des églises et des biens de l'Ordre par les troupes napoléoniennes, les Anglais s'emparent de l'île. Après la reddition du général Claude-Henri Belgrand de Vaubois en septembre 1800, ils mettent alors en place une administration qui aboutira à la création d'une colonie à part entière en vertu du traité de Paris du 30 mai 1814. Les Anglais renoncent ainsi à restaurer la souveraineté de l'Ordre sur l'archipel, pourtant prévue par le traité d'Amiens du 25 mars 1802, qui envisageait également la restitution de leurs biens. Quant aux Français, ils ne parviendront jamais à reprendre Malte en dépit d'un projet, avorté en mars 1801, de débarquement sur l'île de Gozo de troupes ravitaillées depuis Tripoli en Libye.
-1801, Russie : bien qu'elle se termine avec l'assassinat du tsar Paul Ier, la brève expérience de l'Ordre à Saint-Pétersbourg entérine les profondes divisions qui opposent les chevaliers de l'Europe du Nord et du Sud. Côté allemand, on a ainsi envisagé de créer une " Langue " russe orthodoxe avec les Grecs pour combattre ensemble les Turcs dans les Balkans. Dans l'Espagne et l'Italie catholiques sur le déclin, on est en revanche resté fidèle au pape et on a catégoriquement refusé de déplacer le siège de l'Ordre aussi loin qu'à Saint-Pétersbourg. Depuis Madrid, notamment, le roi Charles IV a, le 4 septembre 1798, expressément ordonné aux Hospitaliers de se replier sur leurs affaires provinciales et de n'entretenir aucune relation avec le chef-lieu provisoire de l'Ordre à Saint-Pétersbourg. La nationalisation suit bientôt et leurs possessions sont incorporées à la Couronne espagnole en vertu de décrets du 7 avril et 20 juillet 1802.
-1802, France : signé le 25 mars 1802 par la France, l'Angleterre, l'Espagne et la Hollande, puis par la Turquie et l'Autriche, l'article dix du traité d'Amiens prévoit de restituer à l'Ordre les îles de Malte, Gozo et Comino. Il envisage également de créer une " Langue " maltaise qui, à défaut de quartiers de noblesse, accepterait des notables fortunés et qui se substituerait aux langues française et anglaise, les ressortissants de ces deux pays n'étant plus autorisés à devenir chevaliers. Sur le plan diplomatique, Paris préfère désormais que Malte revienne à l'Ordre plutôt que d'envisager l'occupation de l'île par l'Angleterre ou la Russie. Mais le traité ne sera jamais appliqué. En effet, les Britanniques refusent d'évacuer Malte et inventent toutes sortes de prétexte pour y négocier le maintien de leur armée pendant une période minimale de six ans. En échange, ils exigent désormais un départ des troupes françaises de Hollande et essaient d'obtenir la pleine propriété de l'île de Lampedouze. La paix d'Amiens sera finalement rompue le 12 mai 1803, avec la reprise des combats sur le continent européen.
-1803, Italie : avec l'approbation de la France et sur recommandation du roi de Naples et de l'empereur de Russie, le bailli Giovanni Battista Tommasi de Crotone prend la suite du comte Nicolas de Soltykoff et est officiellement nommé grand maître de l'Ordre en février 1803. Basé en Sicile, d'abord à Messine puis à Catane, il n'est cependant pas autorisé par les Anglais à retourner à Malte et meurt en juin 1805, peu après Ferdinand von Hompesch.
-A partir de 1804, Russie, Etats-Unis : bien que le tsar Alexandre Ier ait refusé d'adouber de nouveaux chevaliers, dissous l'Ordre monté par son père à Saint-Pétersbourg et approuvé la nomination par le pape de Giovanni Battista Tommasi de Crotone, l'expérience d'un grand prieuré russe va alimenter les revendications assez fantasques de groupes émigrés en France, au Danemark et aux Etats-Unis, en particulier après la révolution bolchévique de 1917. Dès 1908, un descendant d'un des chevaliers adoubés par Paul Ier, un certain colonel William Lamb, aurait ainsi essayé de ressusciter un grand prieuré en exil lors d'une réunion dans un hôtel de New York. Son initiative aurait débouché sur la création d'une " association des chevaliers de Malte " enregistrée dans l'Etat du New Jersey début 1911 et placée sous la protection de l'amiral et grand-duc Alexandre Mikhaïlovich de Russie. Mais à l'époque, on voit mal pourquoi ce dernier se serait prêté à une pareille mascarade aux Etats-Unis plutôt qu'en Russie. A sa mort en 1933 lui auraient ensuite succédé des " lieutenants " en la personne de William Sohier Bryant jusqu'en 1951, le comte Frederick von Zeppelin jusqu'en 1960, Paul Granier de Cassagnac jusqu'en 1962, le comte Felix von Luckner jusqu'en 1966, Croalian Edelen de Burgh jusqu'en 1978, le prince Roberto Paterno Catello jusqu'en 1981 et Salvatore Messineo jusqu'à une date indéterminée. L'instigateur d'un tel montage est surtout Charles Louis Thourot Pichel, un " grand chancelier " autoproclamé qui installe l'association dans sa demeure de Shickshinny en Pennsylvanie en 1956 après avoir pris soin de lui donner en 1953 le nom d'Ordre souverain de Saint Jean de Jérusalem (Sovereign Order of Saint John of Jerusalem). Traditionnaliste et anti-communiste virulent, celui-ci s'oppose à la papauté, suit le rite latin, dénonce la subversion jésuite, condamne le concile de Vatican II et s'allie aux intégristes catholiques qui ne reconnaissent pas l'autorité des évêques américains. Parmi eux, on compte notamment un prêtre schismatique de Caroline du Nord, James Wathen, qui aurait été été ordonné par le fameux archevêque français Marcel Lefebvre avant son excommunication par le pape en 1988. En 1969, Charles Louis Thourot Pichel monte même un groupe de Légionnaires de la Croix de Malte pour empêcher l'île de tomber entre les mains des Soviétiques dans le cadre d'un complot prétendument fomenté entre le Saint-Siège et le gouvernement de La Valette ! Son délire ne s'arrête pas là. Invoquant l'énergie cosmique des forces galactiques, il prétend promouvoir des médecines alternatives et reconnaît un transfuge polonais controversé, Michael Goleniewski, comme l'héritier du tsar et de la Maison des Romanoff de Russie. Dans son entourage gravitent également des personnages douteux parmi lesquels on peut mentionner Barry Domvile, un amiral britannique antisémite et pro-nazi, emprisonné pendant la Seconde Guerre mondiale. Des scissions à répétition compliquent encore l'affaire. Charles Louis Thourot Pichel, qui démissionne en 1977 et meurt en 1982, entraîne dans son sillage John Grady, un prêtre schismatique de Benton dans le Tennesse, et Christopher Stanley, le fondateur d'un " prieuré du Saint Sauveur " dans le Kentucky vers 1960. Autre dissident, le " prince " Paterno Castello Ayerbe Aragona part également en 1977 former son propre Ordre de Sainte Agathe de Paterno. Arrière petit neveu d'un grand maître de l'Ordre, Ernesto Paternò Castello di Carcaci, celui-ci se prétend duc de Perpignan et ne peut empêcher que son organisation, placée sous la protection du roi Michel de Roumanie, éclate à son tour en différentes branches au Canada et aux Etats-Unis, où il a établi des sections irlandaise, maltaise et russe.
-1805, Italie : réunis à Catane en Sicile, les chevaliers de Malte élisent en juin 1805 un nouveau grand maître en la personne de Joseph Caracciolo. Mais ce choix déplaît à Napoléon Bonaparte car il a l'approbation de l'ennemi russe et des Italiens du Sud, qui échappent à la férule des Français. Soucieux de ne pas déplaire à l'Empereur, le pape décide alors de surseoir à l'élection de grands maîtres et nomme à la place de Joseph Caracciolo un " lieutenant " en la personne d'un bailli cacochyme, Innico-Maria Guevara-Suardo. Un des perdants de l'élection de juin 1805, le commandeur Antoine Miari, en profite pour s'emparer des affaires de l'Ordre et empêcher définitivement le retour de Joseph Caracciolo.
-1806, Suède : le roi Gustave IV propose de réinstaller l'Ordre sur l'île de Gotland avec un don perpétuel. Mais les chevaliers déclinent la proposition car ils ne veulent pas renoncer à Malte. Ils ne donnent pas non plus suite au projet d'un commandeur français, Henri Bataille, qui, l'année suivante, leur propose de restaurer l'Ordre autour de sa vocation hospitalière première contre la peste et la fièvre jaune. Son idée est de leur confier la gestion de tous les lazarets existants ou à créer à Marseille, Toulon, Gênes, Livourne, Venise ou ailleurs en demandant à chaque État concerné de subvenir à leur fonctionnement par un subside versé à une organisation dont le siège serait à Malte.
-1807, Malte, Italie : en vertu de ses prérogatives, Naples parvient à convaincre le pape de nommer un nouvel évêque de son choix contre l'avis des Anglais, qui, traditionnellement hostiles au Saint-Siège, préféreraient privilégier le clergé autochtone, s'affranchir de la tutelle du métropolitain de Palerme et supprimer l'immunité ecclésiastique des églises. Depuis 1802, il apparaît cependant que le royaume de Naples est prêt à renoncer à sa souveraineté contre le versement d'une compensation financière.
-1809-1813, Malte : à sa mort, le gouverneur britannique Alexander Ball est remplacé en 1809 par le commandant des troupes de l'île, le major-général Hildebrand Oakes, puis par un lieutenant-général, Thomas Maitland, en 1813. Ceux-ci peuvent alors développer l'administration civile d'un teritoire jusqu'alors organisé comme une place forte militaire. Le retour des Hospitaliers n'étant plus du tout d'actualité, les Maltais deviennent ainsi des sujets de la Couronne britannique. La colonisation du territoire est également confirmée par la Cour de Palerme, qui renonce publiquement à sa suzeraineté, et par la Russie, qui abandonne complètement ses prétentions sur l'archipel lorsqu'elle rompt avec la France et s'allie à l'Angleterre en 1812.
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