Ordre de Malte / Ordine di Malta - Historique
1850-1869
-1852, Allemagne : Frédéric Guillaume IV de Prusse restaure le bailliage protestant de Brandebourg et dissout l'ordre du mérite créé en 1811. Huit chevaliers de justice, survivants de l'époque précédente, reconstituent alors l'institution hospitalière d'origine, qui est placée sous la protection de la Couronne et rebaptisée Ordre évangélique de Saint-Jean (Evangelischer Johanniterorden). Avec des statuts approuvés le 8 août 1853, leur indépendance retrouvée ne reste pas moins factice et n'est d'ailleurs pas reconnue par Rome ou Malte. Depuis 1693, tous leurs grand maîtres sont ainsi issus de la Maison de Hohenzollern, la famille des rois de Prusse et de l'empereur d'Allemagne. Et, en 1852, ils s'empressent d'élire pour Herrenmeister le frère cadet de Frédéric Guillaume IV, le prince Friedrich Karl Alexander.
-1853, France : un décret impérial du 10 juin 1853 interdit aux citoyens français de recevoir et de porter des décorations de l'Ordre de Malte car celui-ci n'est pas reconnu comme un Etat. Sont en revanche autorisés les insignes de l'Ordre militaire et religieux du Saint-Sépulcre, qui est considéré comme un agent des Etats pontificaux malgré sa fusion avec les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem en 1489.
-1856, Italie : une commission de cardinaux étudie la possibilité d'envoyer des chevaliers de Malte établir une colonie en Palestine pour aider les pèlerins. Le Saint-Siège songe notamment à négocier avec l'Empire ottoman l'ouverture à Jérusalem d'un consulat protégé par l'Ordre. Du moment qu'elle est reconnue comme seule puissance protectrice des Etats pontificaux, la France n'est d'ailleurs pas opposée à la présence de chevaliers de Malte en Terre Sainte. Mais le projet ne rencontre pas l'adhésion des autres puissances catholiques d'Europe.
-1859, Italie : au pouvoir depuis 1845, le lieutenant du magistère de l'Ordre, Filippo di Colloredo-Mels, fonde un hôpital à Naples. De pair avec l'établissement aménagé à Rome en 1848, celui-ci permet aux chevaliers de renouer avec leurs activités caritatives et médicales, de facto interrompues depuis la perte de Malte en 1798. Jusqu'à sa fermeture en 1910, l'hôpital St Bernard et Ste Marguerite de Naples soigne notamment les blessés de guerre rapatriés de la bataille d'Adoua en Ethiopie en 1896, puis les rescapés du tremblement de terre de Messine en Sicile en 1908. Dans le même temps à Milan, les chevaliers gèrent l'hôpital Notre-Dame de Lorette de 1862 à 1883 et un hospice pour enfants à partir de 1887.
-1860, Italie : l'Ordre lance un service sanitaire pendant les combats de la deuxième guerre d'indépendance qui, menée par Giuseppe Garibaldi pour unifier le nord et le sud du pays, aboutit à la proclamation du Royaume d'Italie en 1861.
-1864, Allemagne : en Rhénanie-Westphalie, l'Ordre se dote d'une association de chevaliers de Malte qui doivent renoncer au titre d'Hospitaliers de Jérusalem pour éviter toute confusion avec les protestants de l'Ordre évangélique de Saint-Jean, établi par le roi de Prusse en 1852. La nouvelle organisation, qui se dote de statuts approuvés par le pape le 2 août 1867, ouvre alors des hôpitaux à Flensbourg, Hoevel, Bonn et Rackelwitz.
-1865, Italie : faute de grand maître, Alessandro Borgia succède à Filippo di Colloredo-Mels, décédé en octobre 1864, et devient lieutenant du magistère de l'Ordre en février 1865. Echappant à une loi italienne du 7 juillet 1866 qui supprime les ordres religieux, il veille alors au développement des associations laïques qui se créent un peu partout à travers l'Europe pour perpétuer la présence hospitalière dans le cadre de régimes républicains ou de monarchies constitutionnelles. Depuis que la Révolution française a tari les possibilités de recrutement dans la noblesse, l'Ordre a en effet vu ses effectifs fondre. Les nouveaux venus sont, pour beaucoup, des affiliés de " dévotion " qui n'ont pas les pouvoirs électifs des chevaliers d'antan, ce qui renforce le caractère peu démocratique de l'organisation.
-1866, Autriche : à Kirling près de Vienne, les chevaliers de Malte ouvrent un hôpital à l'occasion d'une guerre contre la Prusse en 1866. Celui-ci aura de nouveau l'occasion d'accueillir des blessés militaires lors de nouveaux conflits en 1878 et 1885.
-1867, Allemagne : suite à une scission au sein de l'association de Rhénanie-Westphalie, l'Ordre se dote en Silésie, aujourd'hui en Pologne, d'une nouvelle organisation dont les statuts sont approuvés par une ordonnance royale du 22 février 1867. Sur le plan médical, ses chevaliers sont notamment actifs lors des guerres qui opposent la Prusse contre l'Autriche en 1866 puis la France en 1870. Sous l'égide de son président le duc Victor Ier de Hohenlohe-Ratibor, l'association de Silésie rachète par exemple en 1870 les bâtiments du monastère de Trzebnica, qu'elle transforme aussitôt en hôpital militaire. Par la suite, elle ouvre également des établissements hospitaliers à Breslau, Schurgast, Friedland, Schweidnitz et Rychtal.
-1869, Palestine : sur la colline de Tantur à l'emplacement supposé de l'ancien hôpital de Saint Jean de Jérusalem sur la route de Bethléem, un chevalier italien de l'Ordre, le comte Gustave-Bernard Caboga-Cerva, acquiert un terrain sur lequel est construit un dispensaire ouvert en 1876 et bientôt transformé en maison de convalescence par le prieuré de Rome.
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