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Ordre de Malte / Ordine di Malta
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Historique

Ordre de Malte / Ordine di Malta - Historique




1890-1909


-A partir de 1891, France : sous la présidence d'Elzéar-Charles-Antoine, duc de Sabran-Pontevès, l'Ordre se dote le 4 juin 1891 d'une association qui ouvre un dispensaire sur la butte Montmartre à Paris l'année suivante. Celle-ci va se développer sous la présidence du bailli Charles-Guy-Fernand de Rohan-Chabot à partir de juin 1895, du duc de Caylus, Arthur-Marie-Paul-Augustin de Rougé, à partir de juin 1908, puis du comte Augustin-Marie-Timoléon-Victor de Bonneval à partir de mai 1914. Malgré l'anticléricalisme d'une partie de la classe politique, la restauration d'un grand magistère à Rome en 1879 facilite également la reprise des relations diplomatiques nécessaires à la reconnaissance d'un Ordre qui peut décerner des décorations depuis l'étranger. Renommée association française de l'Ordre de Malte en 1893, l'organisation tend aussi à se rapprocher des autorités. En juin 1911, notamment, sa formation sanitaire est affiliée à la Société française de secours aux blessés militaires, actuelle Croix-Rouge.
 
-1899, Portugal : l'Ordre se dote le 25 mai 1899 d'une association des chevaliers de Malte dont les statuts sont approuvés par Rome le 13 juin suivant.
 
-1900, Chine : l'Ordre de Malte met en place des ambulances pendant la Révolte des Boxers.
 
-1901, Afrique du Sud : des chevaliers de Malte financent des services d'ambulances pendant la guerre des Boers qui oppose les Afrikaners du Transvaal aux Britanniques du Cap. Mais leur assistance ne va pas toujours à toutes les parties au conflit. Les Hospitaliers d'Angleterre, par exemple, participent à l'envoi d'un navire-hôpital, le Princess of Wales, et à l'équipement d'un train sanitaire qui visent exclusivement à soigner les blessés de guerre britanniques.
 
-1905-1918, Autriche : à Rome, Galeas von Thun und Hohenstein, un Autrichien, devient grand maître de l'Ordre à la suite de Giovanni Battista Ceschi en mars 1905. Parti s'installer à Vienne quand démarre la Première Guerre Mondiale, il investira alors une bonne partie de la fortune des chevaliers dans des obligations de guerre qui perdront toute valeur à la fin du conflit.
 
-1907, Grande-Bretagne : connu sous le nom de " Grand prieuré de l'Ordre de l'Hôpital de Saint Jean de Jérusalem en Angleterre ", le pendant anglican des chevaliers de Malte s'étend lorsqu'une charte royale du roi Edouard VII l'autorise à créer des prieurés sur le territoire national et dans les colonies. La diversité du Royaume-Uni va cependant freiner sa progression. Les Ambulanciers de Saint Jean, par exemple, profitent de la création en 1918 d'un prieuré du Pays de Galles pour s'affranchir de la tutelle de leur organisation à Londres. De même en Ecosse, ils se rapprochent en 1908 des Ambulanciers de St André et finissent par disparaître en fusionnant avec cette organisation fondée en 1882. Au sein de l'Ordre, le prieuré d'Ecosse s'autonomise quant à lui à partir de 1947.
 
-1908-1909, Italie : avec son corps médical de réservistes militaires en uniforme, le Corpo Militare, fondé le 20 mars 1876, l'Ordre intervient pour aider les victimes du tremblement de terre de Messina et Reggio, qui fait plus de 75 000 morts et un demi-million de sans abris en Sicile et en Calabre le 28 décembre 1908. Composés de trois bataillons basés à Rome, Milan et Naples, les secouristes sont bientôt récompensés de leurs efforts en étant officiellement reconnus par l'Etat dans le cadre d'une circulaire en date du 9 avril 1909. Sous l'égide du roi Victor-Emmanuel III de Savoie, ils deviennent alors un corps auxiliaire à part entière au sein de l'armée italienne, le Corpo speciale ausiliario dell'Esercito Italiano, aujourd'hui connu sous le nom d'EI-SMOM ou de Corpo Militare dell'Associazione dei Cavalieri Italiani del Sovrano Militare Ordine di Malta (ACISMOM).
 
-1909, Pays-Bas : jusqu'alors dépendant du Bailliage de Brandebourg, les chevaliers de Malte hollandais s'affranchissent de leurs homologues protestants allemands et forment leur propre Ordre réformé, dit Johanniterorden. Bénéficiant d'une protection royale, celui-ci est basé à La Haye et comprend surtout le bailliage d'Utrecht et la Commanderie de Haarlem, brièvement supprimés en 1810 pendant l'occupation napoléonienne. Il se dote également d'une association néerlandaise des chevaliers de Malte qui, fondée le 8 août 1910, est approuvée par Rome le 20 janvier 1911. Après avoir prêté allégeance à la monarchie hollandaise en 1946, le Johanniterorden renoncera ensuite à sa souveraineté et deviendra complètement indépendant de la papauté en 1958.