Ordre de Malte / Ordine di Malta - Historique
1950-1969
-1950-1951, Italie : le secrétaire aux affaires étrangères de l'Ordre, Ferdnand von Thun und Hohenstein, commet des impairs financiers qui amènent le grand-maître à supprimer discrètement son poste plutôt qu'à risquer le scandale en le renvoyant publiquement. Les chevaliers préfèrent ainsi payer au prix fort une facture de neuf millions de dollars d'importation de blé argentin plutôt que de s'arranger avec la femme du chef de la junte au pouvoir à Buenos-Aires, María Eva Duarte de Perón, qui se verrait bien attribuer le titre de dame d'honneur, bien qu'elle n'ait pas de quartiers de noblesse. Les déboires de l'Ordre ouvrent cependant la porte aux interférences du responsable jésuite des finances du Vatican, le cardinal Nicola Canali, que le pape a imposé à la tête du grand prieuré de Rome en 1948. En 1951, celui-ci menace d'excommunier le grand-maître, de suspendre son gouvernement et de mettre ses biens sous séquestre le temps de vérifier ses comptes et de procéder à un inventaire complet de ses actifs.
-1951-1962, Italie : à la suite d'une demande d'enquête sur l'état moral et financier de l'institution, le Vatican institue en décembre 1951 un tribunal qui rend sa sentence en janvier 1953 et qui confirme la subordination de l'Ordre au Saint Siège sans lui enlever sa personnalité juridique sur le plan international. L'intrusion de la papauté est si manifeste que le grand maître Ludovico Chigi Albani della Rovere, qui s'y était opposé, décède d'une crise cardiaque en novembre 1951. Le Vatican suspend alors les élections prévues en février 1952 pour lui trouver un successeur. En effet, le cardinal Nicola Canali, grand prieur de Rome, revendique le titre. Grand-maître de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre depuis décembre 1949, il occupe cependant des positions ecclésiastiques qui ne sont pas compatibles avec la fonction de chef d'un Etat souverain. Débouté, il échoue d'ailleurs à faire désigner un prince italien de son choix et intente aux chevaliers un procès long et coûteux. Après l'établissement d'une commission de réforme en février 1955, il essaie notamment d'imposer une nouvelle Constitution qui, approuvée par le Saint Siège, vise à placer l'Ordre de Malte sous la coupe du Vatican tout en reconnaissant la souveraineté nominale d'un Etat sans population ni territoire. D'après les articles 10 et 12 du projet présenté en 1956, par exemple, la nomination et l'éventuelle démission d'un grand maître nécessiteraient désormais l'approbation du pape. En attendant, l'Ordre doit se contenter d'intérimaires en la personne des lieutenants Antonio Hercolani Fava Simonetti à partir de 1951 puis Ernesto Paternò Castello di Carcaci à partir de 1955. Elu en 1958, le pape Jean XXIII tranche finalement en reconnaissant en 1961 l'adoption d'une nouvelle Constitution qui confirme l'autonomie des chevaliers de Malte, sujets de droit international dotés d'un privilège d'extraterritorialité dans leurs rapports avec les Etats. Les intrigues du cardinal Nicola Canali, qui meurt cette année-là, donnent lieu quant à elles à un roman de Roger Peyrefitte publié en 1957.
-1952, Canada : l'Ordre de Malte, qui vient de se doter d'une association canadienne, participe à la dix-huitième conférence internationale des Croix Rouges, qui se déroule à Toronto en septembre 1952. En pleine guerre froide, l'événement confirme l'impossibilité des humanitaires à transcender les différents entre l'Est et l'Ouest pour maintenir des activités dans le bloc soviétique. Montée en 1920 et partie à Londres pendant la guerre, l'association polonaise des chevaliers de Malte, par exemple, n'est pas autorisée par les communistes à revenir au pays, où certains de ses membres sont poursuivis en justice, à l'instar de Stanislaw Lipkowski-Milewski. Elle reste donc en exil en Grande-Bretagne, où elle élit en 1948 un nouveau président, le comte Emeryk Hutten-Czapski. Désormais interdite d'activités en Pologne, elle peut seulement y envoyer des convois de vivres au moment de l'établissement de la loi martiale par le régime du général Wojciech Witold Jaruzelski en 1981. Il faudra attendre la chute du Mur de Berlin pour qu'elle puisse en octobre 1992 revenir à Varsovie tenir une assemblée générale sous l'égide d'un président élu deux ans auparavant, Jan Badeni.
-A partir de 1953, Etats-Unis : l'association américaine de l'Ordre de Malte, le SMOM (Sovereign Military Order of Malta), se divise en plusieurs branches. Fondée en 1927, la plus ancienne reste basée à New York, où elle bénéficie d'ailleurs du soutien du maire catholique et démocrate de la ville entre 1954 et 1965, Robert Wagner, qui est lui-même un chevalier. Les deux autres branches, " l'Occidentale " (Western) et la " Méridionale " (Southern), sont respectivement créées à San Francisco en 1953 et Washington en 1974. La première se développe sous l'égide de l'archevêque John Mitty, tandis que la seconde veut acquérir une dimension " fédérale " (Federal), nom qu'elle se choisit en 1985. Autre défi, l'association du SMOM doit aussi préserver son intégrité morale en intentant de nombreux procès qu'elle gagne systématiquement contre des ordres frauduleux et plus ou moins homonymes. En 1961, elle commence d'abord par protester contre la nomination d'un prêtre défroqué, le baron suisse Otto Adrian Schobert de Choibert, comme observateur auprès des Nations Unies en tant que représentant d'un obscur " Ordre souverain de Saint Jean de Jérusalem ", dit de Shickshinny. Son nom sera vite rayé de la liste des invités, d'autant qu'il finira assassiné par des comparses en 1970. Mais un de ses associés, Willi Geuer, reprendra le flambeau en soutirant de l'argent pour adouber des chevaliers de pacotille, jusqu'à sa condamnation à la prison à vie pour le meurtre d'un de ses clients floués. Quant au " grand-maître " de l'Ordre de Shickshinny, Salvatore Messineo, il parviendra à devancer le SMOM pour enregistrer la croix de Malte comme une marque déposée. Désormais dépossédés de leur symbole le plus illustre, les chevaliers américains doivent également lutter contre une entreprise mercantile qui, jouant sur les mots, a été enregistrée dans l'Etat de New York sous le nom de United States Priory Order of Saint John, Knights of Malta, Limited en 1972, puis de Sovereign Order of Saint John, Knights of Malta, Incorporated, en 1983. Son responsable, le " prince " Robert Bassaraba de Brancovan Khimchiachvili s'est fabriqué une généalogie sur mesure. Selon les versions, il s'appelle en réalité Robert von Badische ou Isaac Wolff. Mais il prétend descendre de familles nobles originaires d'Allemagne, de Russie et de Géorgie. En outre, il se réfère à un Etat fictif, le Freedomland ou Khalayaan, qui prend le nom de colonie de Saint Jean en 1978. Autoproclamé grand maître en 1974, enfin, il adoube des prétendants qui ne sont pas chrétiens et lève des fonds pour de prétendues actions humanitaires qui ne sont jamais réalisées. Condamné une première fois le 30 novembre 1983 pour avoir extorqué $20 000 à un plaignant juif qui voulait obtenir un titre de chevalier et un passeport de son Ordre factice, l'escroc s'enfuit alors vers Nassau, aux Bahamas, d'où il continue de sévir à partir de 1991. Avec un ancien soldat de l'armée américaine, Brian Sherry, il est de nouveau poursuivi en justice après avoir monté dans le Delaware en 1997 une banque, Badische, qui prétend gérer les fonds d'un hypothétique royaume du Mombessa au Congo. L'imposteur est finalement condamné en 2002 pour avoir soutiré 3 millions de dollars à des investisseurs naïfs. Mais il a eu le temps de faire des émules. Sous l'égide d'un Sovereign Order of the Hospitallers of Saint John of Jerusalem, Knights of Malta, Incorporated qui a été enregistré à New York en 1964, un de ses fidèles, le Docteur Ivan Markovics, a ainsi prétendu affilier des membres dans le véritable Ordre catholique de Malte. Il sera condamné par un acte de justice le 28 février 1989. De son côté, un autre associé du " prince " Robert Bassaraba de Brancovan Khimchiachvili, un certain John Voigt, a inventé son propre Ordre de Malte pour monter un fonds d'investissements frauduleux qui finira par le mener en prison en 1994, avec une amende de sept millions de dollars assortie de 188 mois de détention.
-A partir de 1954, Danemark : un biologiste qui se prétend comte de Hermosa, Jens Ole Rostock, monte un " Ordre souverain de l'hôpital de Saint Jean de Jérusalem au Danemark ". A la même époque en 1954, une organisation homonyme, qui date de 1934 et se fait aussi appeler Ordo Domus Hospitalis Sancti Joannis Hyerosolomitani, achète le château de Sostrup pour le transformer l'année suivante en un couvent qui sera repris par les Cisterciens en 1960. Aucune de ces structures n'est reconnue par Rome ou par la monarchie danoise. Monté sous prétexte que l'Ordre de Malte n'a jamais été officiellement dissous au Danemark, l'Ordo Domus Hospitalis Sancti Joannis Hyerosolomitani ne se revendique d'ailleurs pas comme catholique et est gouverné par un Haut Conseil plutôt qu'un grand maître. Doté d'un prieuré suédois de Saint Erik en 1974, il est également contesté de l'intérieur. Parmi ses dissidents, on peut citer : un grand prieuré de Dacie qui se constitue sous la forme d'un ordre de chevalerie ecclésiastique de Saint André en 1939 ; une branche russe qui, initialement lancée par des officiers ayant combattu l'Armée Rouge dans les pays baltes en 1920, est reprise en mains par un certain comte Paul Mikhaïlovitch Bermondt en 1946 ; un prieuré danois établi en 1951 par un architecte, Carl Christensen, et rejoint par Paul Mikhaïlovitch Bermondt avant de fusionner avec l'Ordo Domus Hospitalis Sancti Joannis Hyerosolomitani en 1984 ; et enfin, un prieuré autonome et suédois qui fait sécession sous l'égide du révérend Ulf Berwill en 1993 sans pour autant s'affilier au Johanniterorden luthérien de Stockholm !
-A partir de 1955, Italie : en l'absence de grand maître, un intérimaire, le lieutenant Ernesto Paternò Castello di Carcaci, prend la tête de l'Ordre de Malte et le dote d'une charte constitutionnelle l'année suivante. L'organisation, qui établit des relations diplomatiques avec le gouvernment italien en 1956, se laïcise progressivement et donne parfois le sentiment de brader ses titres pour essayer d'enrayer la réduction de ses effectifs. Depuis la fin du XIXème siècle, ses chevaliers " profès ", dits de " justice ", ne sont plus tenus de vivre en commun et de revêtir l'habit de l'Ordre. Créés en 1956 et confirmés en 1961, les chevaliers " d'obédience ", dits de " deuxième classe " ou obediants, se contentent quant à eux d'une promesse en vue de tendre à la perfection chrétienne. Mais ils n'ont pas besoin de professer les trois vœux monastiques de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Les chevaliers laïcs ou oblats, enfin, doivent mener une vie exemplaire et s'engager dans des activités caritatives. Ils se composent de trois branches : les chevaliers et les dames " d'honneur " et de " dévotion ", qui sont de noblesse héréditaire ; les chevaliers et les dames de " grâce et dévotion ", à qui il manque des quartiers de noblesse ; les roturiers, qui comprennent les donats, fondus en une seule classe depuis 1997, et les chevaliers et dames de " grâce magistrale ". Ces derniers deviennent rapidement majoritaires. A la fin du siècle, les chevaliers " profès " ne sont bientôt plus qu'une centaine face à une grosse dizaine de milliers de laïcs.
-A partir de 1956, Hongrie : depuis Rome, l'Ordre de Malte envoie des secours lorsque les tanks soviétiques envahissent Budapest. Présenté comme un émissaire de la Croix-Rouge internationale, le duc de Lichtenstein est en l'occurrence chargé de le représenter sur place. Mais Moscou l'accuse de soutenir activement les rebelles, qualifiés de " contre-révolutionnaires ". Il faudra attendre la chute du mur de Berlin, en 1989, pour que se constitue à Budapest une organisation caritative des chevaliers de Malte qui sera très subventionnée par les pouvoirs publics.
-1957, Allemagne : le gouvernement de Bonn reconnaît officiellement les insignes des grades de l'Ordre évangélique de Saint-Jean (Evangelischer Johanniterorden) comme des décorations de mérite. Sa décision est confirmée en 1959 grâce au soutien du chancelier chrétien-démocrate Konrad Adenauer, qui est lui-même un fervent catholique et un chevalier de Malte.
-A partir de 1958, Grande-Bretagne : depuis Londres, les chevaliers de Malte anglicans aident à établir une association sœur aux Etats-Unis, l'American Society of the Order of Saint John, qui subventionnera une clinique ophtalmique à Jérusalem et qui, placée sous la protection de la reine d'Angleterre, deviendra un prieuré consacré en la cathédrale de Washington en 1996.
-1960, Maroc, Italie : attaché à l'Ordre de Malte, le corps des secouristes italiens de l'ACISMOM (Associazione dei Cavalieri Italiani del Sovrano Militare Ordine di Malta) part aider les victimes d'un tremblement de terre à Agadir. En Italie, il interviendra également à l'occasion d'autres séismes en Toscane en 1971, dans le Frioul en 1976, en Campanie en 1980, en Ombrie et dans les Marches en 1997, puis dans les Abruzes en 2002 et 2009, avant d'être officiellement intégré aux services de l'Etat en vertu d'un décret de 2010.
-1961-1962, Italie : dix ans après que le gouvernement italien a officiellement reconnu sa souveraineté le 13 novembre 1951, l'Ordre de Malte se dote d'une charte qui, suite à une première version adoptée le 8 décembre 1956, est finalement promulguée le 27 juin 1961, avant d'être amendée le 30 avril 1997. L'absence de démocratie interne d'une institution vieilllissante continue néanmoins de poser problème. Ainsi, l'Ordre n'a pas retenu les conclusions d'un tribunal de cardinaux du Vatican qui, en janvier 1953, avaient proposé d'ouvrir son gouvernement aux chevaliers de dévotion qui n'étaient pas nobles, notamment les Américains. En pratique, les présidents des associations nationales de Malte ne peuvent donc toujours pas participer à l'élection du grand maître alors que les laïcs sont désormais très majoritaires par rapport aux chevaliers de la noblesse. Seuls sont vraiment représentés à Rome les chevaliers de Silésie, les baillis honoraires de pays qui n'ont jamais eu de prieuré et les présidents d'associations en exil qui ont fui l'Europe de l'Est communiste. Il faut par ailleurs attendre jusqu'en mai 1962 pour que l'Ordre réunisse un " chapitre général ", le premier depuis novembre 1776, et élise un nouveau grand maître en la personne d'Angelo de Mojana di Cologna.
-A partir de 1962, Etats-Unis, Yougoslavie : expulsé de l'Ordre de Shickshinny par Charles Louis Thourot Pichel, Paul Granier de Cassagnac entreprend de monter sa propre organisation, qui revendique une filiation historique avec les Hospitaliers sans être reconnue par Rome. Il obtient notamment le soutien et la protection du roi Pierre II de Yougoslavie, qui vit en exil aux Etats-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale mais dont la dynastie des Kara?or?evi? n'a jamais entretenu le moindre lien avec le véritable Ordre de Malte. Après le départ du roi Pierre II en 1965 et la mort de Paul Granier de Cassagnac en 1967, l'organisation est ensuite reprise par Carol Hohenzollern, un fils illégitime du roi Charles II de Roumanie. En 1968, celui-ci fonde alors son propre ordre de chevalerie, qui accepte des membres non chrétiens et dont le siège officiel se trouve place des Nations Unies à New York. De son côté, le roi Pierre II essaie vainement de créer en 1969 un Ordre de Saint Jean yougoslave en s'associant à Robert Formhals, un ancien franc-maçon de Pittsburgh qui se fait appeler " prince Sanguszko " et qui obtiendra la protection du prince André de Yougoslavie pour monter sa propre organisation en 1972, le Sovereign Order of Saint John of Jerusalem. Leurs initiatives n'ont aucune base légale. Pour établir un Ordre de Saint Jean yougoslave, le roi Pierre II devrait en effet appliquer la Constitution en vigueur dans son pays avant guerre et faire contresigner son acte de fondation par un ministre en exercice, une procédure impossible à réaliser depuis que les communistes se sont emparés du pourvoir à Belgrade en 1945. Après sa mort en 1970, son frère, le prince André, tente certes de reprendre le flambeau. En 1977, un de ses associés, Tonna Barthet, monte ainsi un Ordre de Saint Jean de Jérusalem sur le territoire de l'île de Malte, qui ne lui reconnaît aucune souveraineté. Mais en 1992, les deux hommes sont publiquement désavoués par l'héritier de la Couronne, le prince Alexandre, qui leur interdit toute référence à la dynastie Kara?or?evi?.
-A partir de 1963, Grande-Bretagne : à Londres, l'Ordre de Malte signe le 26 novembre 1963 une déclaration commune avec ses équivalents britannique, allemand, suédois et hollandais réunis au sein d'une Alliance créée le 13 juin 1961 dans l'église de Niederweisel du baillage de Brandebourg. L'accord confirme l'indépendance des organisations protestantes, affranchies depuis longtemps de la tutelle du Saint-Siège. Mais la convention, qui sera renouvelée en 1983, souligne également les points d'entente entre les Hospitaliers catholiques et protestants, qui s'affirment déterminés à lutter ensemble contre la pauvreté… et contre les usurpateurs. En 1974, ils montent notamment un Comité contre les Ordres frauduleux. En effet, les initiatives les plus farfelues ne manquent pas. En 1967 dans le château de la Valouse à La Roche Chalais, en Dordogne, apparaît par exemple un mystérieux " protectorat byzantin de l'Ordre militaire et hospitalier de Saint Jean de Jérusalem " qui sera interdit après sa condamnation par les tribunaux français en 1974. En Belgique émerge également un obscur " prieuré de la Sainte Trinité de Ville-Dieu " sous l'égide d'un certain Pierre Pasleau et d'un prétendu duc de La Châtre, le " prince " Alessandro Licastro Grimaldi Lascaris Comnenus Vintimiglia, qui meurt en 1978. Cet établissement, qui ne sera évidemment pas reconnu par Rome, s'associe pendant un moment avec le grand prieuré de Dacie de l'Ordo Domus Hospitalis Sancti Joannis Hyerosolomitani d'Erik Reitzel-Nielsen au Danemark. En 1992, Pierre Pasleau, lui, devra répondre de ses actes devant la justice belge et écopera de trente mois de prison pour avoir usurpé des identités et émis de faux passeports. Cinq autres complices, parmi lesquels des Français, seront également poursuivis et condamnés. Tous ces procès sont coûteux et n'aboutissent pas toujours car, lorsqu'ils sont découverts, les usurpateurs n'hésitent pas non plus à saisir la justice. Après un premier jugement à Nîmes en 1987, un Italien autoproclamé Empereur de Byzance et protecteur d'une " Langue internationale de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem ", Enrico Vigo, parvient ainsi à gagner en appel à Paris en 1990 son procès en diffamation contre un journaliste, Patrice Chairoff, qui avait lui-même été condamné à plusieurs reprises pour escroquerie.
-1966, Italie : élu grand maître en 1962, Angelo de Mojana di Cologna dote l'Ordre d'une poste et commence à émettre des timbres qui sont surtout recherchés par les philatélistes.
-A partir de 1967, Sénégal : l'Ordre de Malte France construit à Dakar un centre spécialisé dans le traitement de la lèpre qui étendra ensuite ses activités à d'autres secteurs. Devenu un hôpital à part entière, il sera rebaptisé Centre Hospitalier de l'Ordre de Malte à Dakar (CHOM) en avril 2011.
-1968-1974, Vietnam : l'Ordre de Malte envoie des secours du côté du gouvernement nationaliste, que les Etats-Unis soutiennent contre les communistes au pouvoir dans le Nord. Présents dans le pays depuis 1966, les Allemands de Malteser Hilfsdienst, en particulier, maintiennent des équipes médicales qui comptent jusqu'à 45 docteurs et infirmiers avant de se retirer en 1970. Parmi ceux-ci, trois volontaires sont capturés par les communistes du Viet Minh en 1969 et meurent de faim pendant leur détention.
-1969, Nigeria : l'Ordre de Malte envoie des secours aux victimes de la famine qui sévit dans la région sécessionniste du Biafra. Encerclés par les troupes fédérales, les rebelles sont majoritairement catholiques et leur drame suscite beaucoup de compassion en Europe. Les Français de l'Ordre de Malte, en particulier, s'occupent d'acheminer vers la Côte d'Ivoire des orphelins biafrais qui avaient d'abord été évacués vers le Gabon.
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